Maladie d’Alzheimer : de l’huile de coco pour sauver votre cerveau ! (seconde partie)

La rumeur enfle : un alicament se révélerait capable de « ressusciter » les neurones chez les personnes âgées confrontées à un déclin cognitif de plus en plus prononcé. Compte tenu du peu d’efficacité des médicaments actuellement utilisés contre la maladie d’Alzheimer, on place beaucoup d’espoir dans cet alicament potentiellement capable de freiner le cours de la maladie, à défaut de le renverser.

La rumeur enfle : un alicament se révélerait capable de « ressusciter » les neurones chez les personnes âgées confrontées à un déclin cognitif de plus en plus prononcé. Compte tenu du peu d’efficacité des médicaments actuellement utilisés contre la maladie d’Alzheimer, on place beaucoup d’espoir dans cet alicament potentiellement capable de freiner le cours de la maladie, à défaut de le renverser. D’où le grand intérêt de l’étude clinique actuellement menée aux USA par Amanda Smith, qui a pour but d’évaluer l’efficacité de l’huile de noix de coco – le fameux alicament dont il est ici question ! – chez des personnes atteintes d’une maladie d’Alzheimer de forme légère à modérée.

Le rôle déterminant du Dr Mary Newport

C’est grâce à la ténacité du Dr Mary Newport, médecin spécialiste en néonatalogie et membre du comité scientifique de la société Cognate Nutritionals, que l’essai clinique conduit par Amanda Smith a pu voir le jour. Cette persévérance tient au fait que le Dr Newport a eu l’occasion, en 2008, de vérifier l’efficacité de l’huile de coco auprès de Steve, son mari, touché par la maladie d’Alzheimer dès la cinquantaine. Des tests, dont celui de l’horloge, ont permis d’objectiver l’impact positif rapide de la supplémentation en huile de coco.

L’histoire de Steve en quelques dates

2002 : premiers dysfonctionnements cognitifs (ex : oublis fréquents de rendez-vous).

2005 : début du traitement médicamenteux anti-Alzheimer.

2007 : déclin cognitif de plus en plus marqué se manifestant notamment par : impossibilité d’utiliser un clavier d’ordinateur ou d’effectuer un calcul simple, difficultés à effectuer seul des tâches ménagères simples ou même à s’habiller convenablement (port fréquent d’une seule chaussette ou d’une seule chaussure !).

Test #1 : un jour avant de commencer la prise d’huile de coco

20 mai 2008 : jour -1 avant démarrage de la cure d’huile de coco – Réalisation du test de l’horloge #1 et du test MMSE (Mini Mental State Examination : test permettant d’évaluer rapidement le niveau d’avancement d’une démence) – Score de Steve au MMSE : 14/30 (= état de démence modérément sévère).

21 mai : test MMSE à nouveau réalisé 4 h après que Steve a ingéré 35 ml d’huile de coco, soit 20 g d’acides gras saturés à chaîne moyenne (TCM). Score obtenu : 18/30, soit un gain inespéré de 4 points par rapport à la veille !

Lors du test MMSE, et contrairement à la veille, Steve a été en mesure de répondre à des questions aussi basiques que : « En quelle saison sommes-nous ? Quel mois sommes-nous ? Quel jour sommes-nous ? Dans quelle ville sommes-nous ? »

Test #2 : deux semaines après avoir commencé la prise d’huile de coco

Test #3 : trente-sept jours après avoir commencé la prise d’huile de coco

26 juin 2008 : réalisation du test de l’horloge #3

24 juillet : score MMSE : 20/30 – Amélioration sensible de l’état de Steve, joyeux dès le matin, à nouveau capable de se concentrer, de soutenir une conversation et même de faire des blagues comme autrefois ! À noter que les semaines précédentes, Mary avait triplé l’apport quotidien en huile de coco.

Depuis 2008, Steve a connu beaucoup de hauts et de bas. Cela fait maintenant 10 ans que la maladie a été diagnostiquée. Habituellement, au bout de dix ans, la plupart des malades sont soit décédés, soit devenus grabataires.

Comment l’état de Steve a-t-il évolué ces dernières années ?

D’après les échos qu’on peut en avoir, il demeure capable de se déplacer, mais très lentement. Il regarde la télé et écoute de la musique, mais ne peut être laissé seul livré à lui-même. Il connaît bien entendu des « ratés », comme se tromper de temps à autre sur le nom de sa femme ! Et il y a aussi ces périodes au cours desquelles son état se détériore franchement. La dernière fois remonte au printemps de cette année, où il est resté dans le « creux de la vague » pendant 6 à 8 semaines. Une fois de plus, il a trouvé en lui les ressources pour remonter la pente très progressivement.

Pour Mary, il ne fait aucun doute qu’il y a eu un avant et un après huile de coco.

Même si elle sait que la maladie finira bien par prendre le dessus un jour ou l’autre, elle n’est pas moins persuadée que sans le secours de l’huile de coco et de ses bons acides gras, elle aurait déjà « perdu » Steve depuis plusieurs années.

Pour ceux que cela intéresse, Mary Newport raconte longuement l’histoire de son mari dans un ouvrage traduit depuis peu en français : Maladie d’Alzheimer – Et s’il existait un traitement ? (Ed. Josette Lyon).

Mini Mental State Examination

Le MMSE est un test de référence pour dépister rapidement un déficit cognitif. Bien qu’il ne suffise pas à lui seul pour établir un diagnostic de maladie d’Alzheimer, il permet toutefois d’évaluer le degré de sévérité d’une démence.

Le MMSE fournit un score sur 30 pts. Quels que soient l’âge et le niveau socio-culturel du sujet, un score inférieur à 24 points est considéré comme anormal. Au-dessus de 20, la démence est qualifiée de légère ; entre 20 et 16, de modérée ; entre 15 et 10, de modérément sévère ; entre 9 et 3, de sévère ; et en-dessous de 3, de très sévère.

Médicaments anti-Alzheimer & MMSE

Les traitements actuels coûtent 400 millions d’euros par an à la Sécu pour une efficacité proche de zéro. Les études font apparaître leur incapacité à freiner la dégradation du score MMSE, et encore moins à l’améliorer. Une étude française de 2011 conduite auprès de 686 patients atteints d’une maladie d’Alzheimer de forme légère à modérée pour laquelle 90 % d’entre eux recevaient un traitement médicamenteux, a mis en évidence une diminution de 2,4 points par an du score MMSE (1).

TCM & MMSE

Dans une étude publiée en 2013, 55 sujets atteints d’une maladie d’Alzheimer de forme légère à modérée ont reçu, en plus de leur traitement médicamenteux, une dose quotidienne de 20 g d’acides gras saturés à chaîne moyenne (TCM) (2). Précisons que ces TCM étaient non pas apportés par l’huile de coco, mais par Axona, un produit de la société Accera à base d’acide caprylique, l’un des acides gras à chaîne moyenne présents dans l’huile de coco. Au bout d’une quinzaine de mois de suivi, les chercheurs ont noté une diminution moyenne de 0,48 point du score MMSE, soit une baisse jugée non significative du point de vue statistique. Certains ont davantage bénéficié que d’autres de l’apport journalier en TCM.

Cas n° 1 : sujet de sexe masculin diagnostiqué Alzheimer en 2009, malgré un score MMSE pourtant très honorable (25 pts). Âgé de 89 ans à l’époque. Instauration immédiate d’un traitement médicamenteux. En 2011, soit 2 ans plus tard, son score MMSE est tombé à 17 (perte de 4 pts par an !). Démarrage de la supplémentation en TCM. 14 mois plus tard (mai 2012), son score MMSE atteint 20 ! Son état est jugé « stable » par les chercheurs.

Cas n° 2 : sujet de sexe féminin avec profil génétique défavorable (ApoE4 positif) diagnostiqué Alzheimer à l’âge de 78 ans. En 2009, son score MMSE est de 26 – donc, là aussi, plus qu’honorable ! Un an plus tard, perte de 4 pts, avec un score tombé à 22. Ajout d’un second médicament anti-Alzheimer, plus apport de 20 g par jour de TCM. 25 mois plus tard, le score MMSE est remonté à 27 ! Ce qui se traduit, selon les chercheurs, par une « amélioration marquée » de l’état de la personne.

De l’huile de coco et quoi d’autre ?

Pour mettre toutes les chances de son côté, il est hautement souhaitable d’associer la consommation d’huile de coco à des cures prolongées d’acides gras oméga-3 – de type DHA, majoritairement – et de ginkgo biloba, surtout si on a déjà dépassé le cap des 70 ans. Si l’huile de coco se charge de relancer le métabolisme énergétique cérébral, ne comptez pas sur elle pour améliorer la fluidité des membranes neuronales ou la microcirculation cérébrale. D’où l’utilité des oméga-3 de type DHA et du ginkgo biloba pour compléter l’action de l’huile de coco.

Message d’espoir

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est le plus souvent posé après 80 ans, soit très tardivement dans l’existence. Mais la vérité consiste à dire qu’il s’écoule des années et même des décennies entre l’installation d’un état diabétique cérébral (cf. Rebelle-Santé d’octobre n° 169), le développement des lésions caractéristiques (plaques, filaments) et le diagnostic définitif de la maladie. On dispose par conséquent d’un long laps de temps pour bichonner son cerveau et faire en sorte que le vieillissement cognitif ne prenne pas un tour pathologique.

Quelques règles essentielles d’un mode de vie « pro-cerveau »

  • Alimentation proche du régime méditerranéen traditionnel de type crétois, donc riche en fruits, légumes, herbes aromatiques, huile d’olive, noix, céréales complètes, légumineuses et poissons.
  • Activité physique régulière.
  • Activités cérébrales stimulantes (lecture, mots croisés, jeux de cartes, jeux d’échecs…).
  • Temps de sommeil suffisant.
  • Maintien d’une vie sociale active.

Le gène ApoE

Le gène ApoE code l’apolipoprotéine E ou ApoE, une protéine qui permet la réparation des neurones en transportant les lipides nécessaires, en particulier du cholestérol. On a découvert qu’il existait trois variantes du gène ApoE : ApoE2, ApoE3 et ApoE4. Dans son rôle neuroprotecteur, l’ApoE2 se révèle plus efficace que l’ApoE3, elle-même plus efficace que l’ApoE4. À choisir, mieux vaut donc ne pas être porteur de la forme E4. Sauf que l’on ne choisit pas !

Chacun d’entre nous possède une paire de gènes ApoE. Si jamais l’on est porteur d’un gène ApoE sous sa forme E4, le risque de développer la maladie d’Alzheimer est multiplié par trois. Et si par malchance on est porteur de deux gènes ApoE4, le risque est alors multiplié par douze !

À priori, il semblerait que la stratégie thérapeutique fondée sur un apport journalier en corps cétoniques donne de meilleurs résultats chez les personnes ayant un profil génétique ApoE2 et ApoE3, que chez celles ayant un profil ApoE4.


(1). Gillette-Guyonnet S., Alzheimers Dement, 2011
(2). Maynard, Neuropsychiatric Disease and Treatment, 2013

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