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Neuf façons de voir les animaux

Le spécisme est une bêtise spécifiquement humaine. Ceci est une invitation à changer notre façon de voir les animaux. Y sommes-nous prêts ?

  1. Pour excuser leur façon de maltraiter d’autres peuples – dont les Gaulois, malgré la fervente résistance d’Astérix et ses amis – les Romains disaient :
    « HOMO HOMINI LUPUS » « L’homme est un loup pour l’homme » Mais le loup n’est pas le loup du loup. L’équivalent de nos guerres n’existe pas dans le monde animal.
  2. Le concile de Nicée a conclu que les femmes avaient une âme. Bravo ! La Controverse de Valladolid a conclu que les Amérindiens n’étaient pas des animaux, mais des hommes – cela valait donc la peine de les missionner… Reste la question des animaux – qui n‘est même pas posée.
    Alors, je la pose : les animaux ont-ils une âme ? Vous savez comment on dit « âme » en latin ? : ANIMA
  3. Imaginez pendant quelques minutes comment vous vous comporteriez si Merlin l’enchanteur vous transformait en cheval – tout en vous laissant votre pleine conscience humaine.
    Soyez honnête avec vous-même : vous vous comporteriez exactement comme le cheval dans le pré du voisin que vous voyez tous les jours en sortant de chez vous. Alors, ce cheval dans le pré du voisin, pourquoi n’aurait-il pas une conscience comme la nôtre ?
  4. Dans un troupeau de chevaux, toutes les formes de relations sociales que nous connaissons entre humains existent aussi, et la communication y fonctionne parfaitement – avec le langage du corps, un peu comme la communication entre les conducteurs d’une course automobile. D’autres animaux ont un langage phonétique – comme les loups ou les oiseaux que nous appelons « chanteurs ».
    Si nous étions plus intelligents qu’eux, CE SERAIT À NOUS de les comprendre. Et, soyez-en certain : eux, ils nous comprennent, même les animaux que nous appelons « sauvages ». Ils nous comprennent peut-être mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Et ils se méfient de nous, partout et tout le temps. Ils ont tellement de raisons de le faire !
  5. Les animaux sont protégés par la loi ? Non, c’est seulement la cruauté envers les animaux qui est interdite chez nous. Mais ce qui se passe dans une fabrique à viande ou dans un champ agricole chimique n’intéresse pas grand monde.
  6. Tous cobayes ? Ce titre provocateur nous choque parce qu’il nous fait comprendre que Monsanto nous traite comme des animaux. Mais sommes-nous choqués quand les cobayes SONT des animaux ? Le traitement que nous infligeons aux animaux nous prépare à l’infliger aussi à nos semblables. Parce que les animaux SONT nos semblables.
  7. Nous nous croyons supérieurs aux animaux parce qu’aucun animal ne nous ressemble. Il est vrai qu’il n’y a que l’homme qui soit 100 % comme l’homme. Ceci est tout sauf un compliment. L’aigle voit plus loin que nous, le guépard court plus vite que nous, les oiseaux volent mieux que nous, les poissons nagent mieux que nous, des milliers d’animaux ont un cerveau plus gros que le nôtre. Mais aucun animal ne serait assez bête pour vivre comme nous et détruire la planète.
  8. Nous savons depuis quelques années que l’ADN des chimpanzés est identique au nôtre pour au moins 96 %. La Nouvelle-Zélande a déjà accordé des droits de l’Homme aux grands singes. Combien de recherches scientifiques faut-il encore pour enfin comprendre ce que savent tous ceux qui ont un animal de compagnie, ce que savent tant d’autres civilisations, ce qui est une réalité depuis des millions d’années ?
    Est-ce que la réalité devient réelle uniquement si nos chercheurs savent l’expliquer ? Est-ce que l’Amérique n’a pas existé avant Christophe Colomb ?
  9. L’homme le plus endurci sait que les animaux peuvent souffrir comme nous. Mais même l’homme le plus éclairé aurait du mal à admettre que les animaux sont intelligents comme nous. « L’instinct » est notre terme de cache-ignorance.
    Or, le degré d’intelligence que l’homme est prêt à accorder aux animaux correspond en fait au degré de sa propre capacité à les comprendre.

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Pour aller plus loin

Le retour du loup

Il y a peu de chance que, dans mon jardin francilien, mes brebis Ella et Bianca soient attaquées par des loups. En décembre dernier, toutefois, un loup aurait été aperçu dans l’Essonne, de quoi piquer ma curiosité et m’inciter à plonger dans un débat sensible qui cristallise des points de vue bien tranchés entre éleveurs et défenseurs des loups.

Jean-Michel Bertrand, un cinéaste sur la piste des loups…

Marche avec les loups sortira au cinéma le 15 janvier 2020. La sortie du livre* le 7 novembre précède la projection de cette nouvelle aventure du réalisateur Jean-Michel Bertrand dans le prolongement du formidable La Vallée des loups (2017) où il était parti à la rencontre des prédateurs dans la vallée des Hautes-Alpes. Sortir du bocal, c’est le nouveau défi qu’il s’est lancé dans Marche avec les loups, avec l’idée de suivre d’instinct les jeunes loups dans la colonisation de nouveaux espaces. Rencontre.

Oui, les herbicides sans glyphosate sont aussi des poisons !

Les débats sur l’interdiction du glyphosate seraient-ils un leurre ? La molécule n’est sans doute pas la plus toxique parmi les produits qui composent le Roundup de Monsanto, mais c’est le seul déclaré. C’était déjà une des conclusions des recherches du Pr Gilles-Éric Séralini et de son équipe en 2005. À la suite d’une de ses nouvelles études sur les produits cachés dans les herbicides nouvelle génération commercialisés sans glyphosate, neuf associations de défense de l’environnement ont porté plainte le 1er décembre dernier auprès des autorités sanitaires.

Coline Serreau

La réalisatrice multi talents revient sur le devant de la scène avec un livre très personnel : #colineserreau*. Elle évoque ses combats, son passé, ses passions, ses convictions. Elle y partage son insatiable curiosité et son regard affûté sur notre société. Rencontre.