Ostéoporose et autres maladies des os, une protéine pourrait changer la donne

Structure osseuse interne, matière spongieuse et légère, essentielle à la solidité des os, prévention de l'ostéoporose, soutien du squelette, vital pour la santé osseuse et la mobilité.

Parfois, on imagine les os comme des structures inertes. Bien sûr, on sait qu’ils grandissent dans la jeunesse et ont tendance à l’effritement avec le temps, mais on ignore souvent qu’ils sont loin d’être inertes. Véritables tissus vivants, ils sont renouvelés en permanence. Plusieurs types de cellules participent à leur évolution : les ostéoblastes construisent l’os et les ostéoclastes le débarrassent des vieilles cellules pour laisser la place aux nouvelles. De cet équilibre dépend la santé de nos os. Or, avec l’âge, ou sous l’effet de certaines pathologies, les ostéoclastes ont la fâcheuse habitude de s’emballer et de devenir agressifs : ils détruisent les cellules osseuses sans laisser le temps aux ostéoblastes d’en reconstruire suffisamment !

La bonne nouvelle, c’est qu’une équipe de chercheuses et chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’Université de Toulouse – en collaboration avec des équipes internationales – vient de mettre en évidence le rôle d’une protéine dans la formation et l’activité des os : la moésine. Sans elle, les ostéoclastes deviennent plus gros et plus actifs. Les travaux de ces scientifiques, publiés dans The Journal of Cell Biology, montrent que cette protéine contrôle la taille des ostéoclastes ainsi que leur capacité à détruire l’os. La moésine étant impliquée dans de nombreuses autres fonctions de l’organisme, on ne peut pas, dès maintenant, en tirer des applications thérapeutiques concrètes, mais la piste est prometteuse. Christel Vérollet, directrice de recherche Inserm, est à la fois optimiste et prudente : « Identifier des régulateurs de la moésine spécifiques des ostéoclastes pourrait avoir les applications thérapeutiques escomptées, à la fois contre le vieillissement osseux, mais aussi contre les conséquences désastreuses de certains cancers sur l’os. Mais, pour cela, des études sont encore nécessaires. »

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