Quand et comment reprendre une activité après une blessure ?

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Après une blessure sportive, accidentelle, professionnelle ou domestique se pose le problème de la reprise, avec comme risque principal l’aggravation de la lésion initiale, synonyme de rechute. Tour d’horizon des précautions à prendre.

Contusions, plaies suturées, fractures et entorses, tendinites, claquages et autres élongations musculaires… Ces blessures d’origines diverses font l’objet de soins spécifiques et bien souvent d’un repos prescrit par le médecin. Un repos qui dépend bien entendu de la nature de la blessure et des soins prodigués. Si les soins sont inévitables, le repos est parfois jugé comme excessif lorsque le blessé est sportif, artisan ou tout simplement passionné par son activité. En d’autres termes, on a parfois tendance à l’écourter sous le prétexte que l’on se sent guéri ou que l’on n’a plus mal. Erreur ! L’absence de douleur n’est pas un signe de consolidation d’une blessure (voir encadré). Elle signifie simplement que les influx nerveux au niveau de la blessure sont passés sous le seuil de la perception douloureuse, alors que la lésion, parfois, est encore présente. On parle alors de lésion « infraclinique ».

POUR UNE REPRISE RÉUSSIE

Quelle que soit l’origine de la blessure, la reprise impose trois règles d’or : savoir pourquoi l’on s’est blessé afin de supprimer la cause de la blessure (mauvaise position, matériel…), respecter la période de repos (pour consolider) et reprendre l’activité de façon progressive pour ne pas rechuter. À la reprise, attention aux antalgiques (aspirine, paracétamol…) qui risquent d’endormir la douleur – un excellent système d’alarme –et de masquer un passage à la récidive.

IDENTIFIER LA CAUSE

Avant de reprendre votre activité, assurez-vous que le matériel utilisé (sportif, outils, échelle…), votre position ou vos gestes (ergonomie professionnelle, travail sur écran avec optimisation de l’espace de travail, travail du geste sportif en cas de tendinite…) ne prédisposent pas à la récidive.

LE TEMPS QU’IL FAUT…

Le délai pour une reprise dépend de la gravité de la blessure, de son évolution et des soins apportés. Les médecins se basent en général sur des recommandations professionnelles lorsqu’il s’agit de blessures professionnelles - les arrêts de travail sont bien codifiés en matière d’accidents du travail - et, d’une manière générale, sur leur propre expérience. L’âge du patient et son état physique conditionnent aussi la reprise.

Schématiquement :
> Une tendinite « simple » réclame en général 2 à 3 semaines de repos complet… jusqu’à 3 à 6 mois pour une épicondylite (tendinite tenace située à l’extérieur du coude).
> Une plaie suturée nécessite une semaine pour une cicatrisation autorisant la reprise du travail, ou plus lorsqu’elle touche la main ou s’accompagne d’une lésion tendineuse.
> Une fracture réclame une consolidation d’un mois. Mais tout dépend de l’os fracturé. Les recommandations des médecins prennent ici tout leur sens.
> Une entorse de cheville « banale » nécessite un arrêt de 15 jours environ.

… AVANT UNE REPRISE PRUDENTE

La reprise doit être prudente. L’inactivité, a fortiori l’alitement, fragilise le muscle (atrophie musculaire, perte de la tonicité et de la souplesse), les tendons (perte de l’élasticité) et les os (déminéralisation). Les premiers efforts doivent être progressifs, en durée comme en intensité, afin de ne pas surcharger brutalement la zone de consolidation, mais de retrouver ses sensations initiales.
Dans tous les cas, soyez à l’écoute de votre corps et arrêtez-vous en cas de douleurs !

GUÉRISON OU CONSOLIDATION ?

En matière d’accident du travail ou de maladie professionnelle, la législation prévoit deux situations :
1. La guérison, sans séquelle, autrement dit le retour à l’état antérieur après la période de soins préconisée. Elle débouche sur la rédaction du certificat dit « final » par le médecin qui va clore le dossier. Mais, en cas de rechute ou d’aggravation, le dossier est rouvert et de nouveaux soins peuvent être entrepris.

2. La consolidation. Elle correspond à l’absence de guérison malgré des soins bien entrepris. En pratique, elle correspond à un état de lésions stabilisées, non évolutives, et qui ne nécessitent plus un traitement particulier. Le médecin signe alors le certificat dit « de consolidation », que le blessé ait repris ou non son travail. Des séquelles sont donc possibles à ce stade qui peuvent faire l’objet d’une incapacité permanente partielle (IPP).

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