Trop de globules rouges… Et si c’était la maladie de Vaquez ?

Rubrique

La maladie de Vaquez est le contraire de l’anémie. On a trop de globules rouges. Cette profusion est responsable d’une viscosité sanguine excessive qui fait craindre la formation de caillot dans les vaisseaux.

Dans la maladie de Vaquez (MV), l’excès de globules rouges – on parle de polyglobulie – avoisine les 7 à 10 millions de globules rouges par mm3 au lieu des 4 à 5 habituellement observés. En conséquence, le taux d’hémoglobine augmente également de façon importante (plus de 16,5 g/100 ml chez la femme et 18,5 g/100 ml chez l’homme). La MV n’est pas si rare puisqu’elle toucherait environ une personne sur 100 000 et plutôt des hommes âgés de 50 ans et plus.

MOELLE OSSEUSE
De cause très probablement génétique (mutation d’un gène – JAK2 – sur le chromosome 9), la MV appartient à la grande famille des syndromes dits « myéloprolifératifs », autrement dit aux pathologies sanguines qui correspondent à un dysfonctionnement de la moelle osseuse où se situe la fabrication des principaux éléments du sang (globules rouges, plaquettes et globules blancs).

DEUX SYMPTÔMES ÉVOCATEURS…
Lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée lors d’un banal contrôle sanguin montrant la polyglobulie, la MV est relativement facile à identifier à l’examen clinique : cet excès de pigment rouge se traduit par une peau plus rouge qu’à l’habitude, facilement repérable sur le visage, au niveau des conjonctives, mais aussi à l’intérieur de la bouche au niveau des joues et sur la paume des mains. C’est l’érythrose. Enfin, et sans qu’on puisse encore bien l’expliquer, la polyglobulie provoque des démangeaisons intenses au niveau des mains quand elles ont été plongées dans de l’eau chaude (érythromélalgie).

… ET CEUX QUI LE SONT MOINS
D’autres signes moins spécifiques doivent attirer l’attention, comme des troubles de la vue, des vertiges, des céphalées, des acouphènes ou encore des difficultés respiratoires, des symptômes en relation directe avec l’épaississement du sang. Dans certains cas, la MV s’accompagne de crises de goutte liées à une hyperuricémie (excès d’acide urique). Enfin, la palpation attentive de l’abdomen par le médecin montre une grosse rate (splénomégalie).

RISQUE DE THROMBOSES ET D’HÉMORRAGIES
L’hyperviscosité sanguine favorise la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins, autrement dit des thromboses qui affectent les veines ou les artères. Quant aux hémorragies, elles sont liées paradoxalement à l’augmentation du nombre des plaquettes qui s’avèrent de mauvaise qualité.

SAIGNÉES
À l’instar de l’hémochromatose, le traitement de la MV comporte les saignées, pratiquées à l’aide d’une aiguille introduite dans une veine du coude, comme une banale prise de sang. Elles consistent à retirer du sang (300 à 400 ml à chaque prélèvement) 2 à 3 fois par semaine au début, puis tous les 1 à 3 mois, voire de façon plus espacée. L’objectif est de limiter le risque de thrombose en maintenant un taux de globules rouges autour de 5 millions/mm3.

Problème : les saignées peuvent être responsables à long terme d’une fibrose progressive de la moelle osseuse chez un tiers des patients et d’une carence en fer. Lorsque la MV s’avère particulièrement dangereuse, la chimiothérapie devient nécessaire (hydroxyurée, pipobroman…). Enfin, la MV peut également se compliquer d’une leucémie après 10 à 20 ans d’évolution.
En conclusion, la MV est compatible avec une survie longue, à condition d’être traitée précocement et surveillée régulièrement.

Si vous souhaitez accéder aux articles en version intégrale, souscrivez à la version abonné de notre site.

Déjà abonné(e) ?

Sélection de livres disponibles dans notre boutique

Mon cahier d'homéopathie
Les secrets d'un jeûne réussi
Mon cahier de sorcière pour devenir immortel.le
Mon herbier des feuilles d’arbres... des campagnes et des forêts.