300 kilos de légumes dans un jardin de 25 mètres carrés !

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Alors que l’on parle de plus en plus d’autonomie alimentaire dans les villes, un passionné d’agroécologie fait la démonstration qu’un potager de 25 m² suffit pour les besoins d’un couple.

Joseph Chauffrey est une sorte de jardinier chercheur. Il teste les meilleures techniques naturelles qu’il met ensuite en application dans son micro jardin. Les résultats sont étonnants.

EN BANLIEUE DE ROUEN
À Sotteville, dans un quartier de maisons ouvrières, se trouve un étonnant carré d’abondance potagère. C’est le jardin de Joseph Chauffrey : un lopin de terre qualifié, par l’ingénieur agronome Jean-Paul Thorez, de jardin urbain sans doute le plus productif au monde sous de telles latitudes. En passant devant la parcelle, résolument ouverte sur la rue, si l’on voit bien que ce coin de verdure est plus fourni que les bandes de terres avoisinantes, on ne peut pas soupçonner qu’il produit 300 kilos de légumes par an !
En s’approchant un peu plus, on découvre, sur la gauche de l’allée, les touffes de feuilles variées des différents légumes, les tunnels de couverture, la serre à droite renfermant les jeunes pousses, plus bas les tomates, puis les fruitiers. Sans oublier les courges de toutes sortes qui grimpent partout.

S’INFORMER ET EXPÉRIMENTER
Pour réaliser un tel exploit, ce jardinier, qui était novice il y a encore quatre ans, a concentré les meilleures techniques de l’agroécologie et notamment de la permaculture. Disons quand même que Joseph n’est pas tout à fait néophyte. Il travaille au service de l’éducation à l’environnement de la métropole de Rouen, et ses connaissances de bases lui ont permis de progresser très vite dans les différentes techniques.
C’est d’ailleurs en rentrant d’une formation à la permaculture (à la Ferme biologique du Bec Hellouin dans l’Eure) qu’il a décidé de prouver qu’on peut atteindre l’autonomie alimentaire (en fruits et légumes) pour un couple avec un potager de 25 m² et un verger de 10 m². Et 25 m², c’est peu ! Car Joseph voulait aussi que son jardin soit agréable, beau et utile. La parcelle de 150 m² comporte aussi une zone de gazon, des fleurs, une mare, une terrasse et une grande cabane-atelier.
Aujourd’hui, l’autonomie en légumes a été atteinte. Le couple a juste acheté des pommes de terre – trop gourmandes en terrain – et des oignons qui prennent trop de temps. Quant à l’autonomie en fruits, elle sera atteinte d’ici quelques années lorsque les arbres seront un peu plus gros...
Pour réaliser un tel exploit, Joseph n’a rien laissé au hasard. Il a testé les techniques et a optimisé chaque aspect du jardin.

UN MODÈLE REPRODUCTIBLE
Pour l’année prochaine, Joseph prévoit une production de 350 kg de fruits et légumes et pense même pouvoir aller au-delà avec encore d’autres techniques à expérimenter. Ce mini-laboratoire d’agriculture urbaine, intensive et écologique, est en train de devenir une référence dans le domaine, à l’image de sa popularité grandissante sur le web. À l’heure où de nombreux agroécologistes, dont  Pierre Rabhi, prônent le développement de l’autonomie alimentaire dans les villes, le jardin de Joseph est une mine de solutions. Et on risque fort d’en entendre parler dans les mois qui viennent.

3 QUESTIONS JOSEPH CHAUFFREY
Quels conseils peux-tu donner à ceux qui veulent démarrer un potager hyper productif ?
D’abord, démarrer très petit, puis augmenter la surface au fur et à mesure de l’augmentation de ses compétences. Démarrer petit permet d’apporter beaucoup de soin à ses cultures, gage de productivité. Cela permet également de se laisser le temps d’appréhender l’écosystème de son jardin, les interactions qui s’y passent, de se documenter… Cela permet d’augmenter la productivité. Il faut ensuite réfléchir à toutes les techniques qui optimisent l’espace ou prolongent la saison de culture.

Quel investissement en temps cela demande-t-il ?
Le temps passé est inversement proportionnel à la compétence du jardinier. Ce temps doit donc diminuer avec l’expérience qui s’accroît d’années en années. Les techniques de la permaculture permettent, en parallèle, de diminuer le temps passé à certaines tâches : plus de retournement du terrain, moins de désherbage grâce au paillage et au regard qui évolue sur la place de la « mauvaise herbe » dans son jardin. Je dois passer, en moyenne, 5 heures par semaine dans mon jardin. Mais au temps passé « au jardin », il faut y ajouter les temps de lecture, recherche. Finalement je ne suis pas certain qu’il faille calculer le temps passé à ces tâches, car globalement, le jardinage doit être un loisir, et quand on aime, on ne compte pas !

Quels développements futurs prévois-tu pour le jardin ?
Nous envisageons la mise en place d’un poulailler, mais c’est assez technique, car, en général, poules et potager ne font pas bon ménage sur un micro espace. Et puis, j’aimerais travailler sur les végétaux aquatiques comestibles, afin que même la mare devienne un lieu de production alimentaire. Je testerai également l’année prochaine la culture des pommes de terre au cœur de bottes de paille superposées afin de limiter l’emprise au sol de cette culture.

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