L’artemisia annua

La petite aromatique qui n’a pas dit son dernier mot
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Les formidables propriétés de l’armoise annuelle (Artemisia annua) pour lutter contre le paludisme font de plus en plus parler d’elle, mais cette petite plante aromatique, facile à cultiver, a bien d’autres secrets à nous dévoiler.

L’armoise annuelle est utilisée depuis plusieurs millénaires dans la médecine traditionnelle chinoise, notamment contre les fièvres intermittentes. Son efficacité et son innocuité ont été largement démontrées sur le terrain. Pourtant, malgré son fort potentiel thérapeutique et sa faible toxicité, l’armoise annuelle est interdite à la vente en France. Un non-sens sur lequel je ne m’étendrai pas... L’artemisia est non seulement utilisée couramment en Asie, mais également en Afrique et à Madagascar.

Facile à cultiver

Plante annuelle de la famille des astéracées, l’armoise annuelle, à ne pas confondre avec l’armoise commune (Artemisia vulgaris), est originaire de Chine. Elle est cependant facilement cultivable sous nos latitudes où elle s’adapte facilement. Elle peut atteindre plusieurs mètres de haut si elle se plaît chez vous. Ses tiges sont très ramifiées et ses feuilles, vert clair et très découpées, sont fortement aromatiques. Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à l’introduire dans votre jardin. Elle a besoin de beaucoup de soleil, mais nécessite peu d’eau et se développe très bien dans des sols pauvres.

Efficace contre le paludisme...

L’armoise annuelle possède de nombreuses propriétés thérapeutiques. Elle est très riche en principes actifs : flavonoïdes, stérols, coumarines, tanins, oligo-éléments, acides, alcools et lactones sesquiterpéniques... dont un composant particulièrement intéressant : l’artémisinine. Cette substance, très efficace contre le paludisme, est aujourd’hui isolée en laboratoire pour fabriquer un médicament. Mais l’efficacité de l’armoise annuelle ne se limite pas à un seul principe actif. Elle contient plusieurs centaines de composants et 20 d’entre eux ont une action antipaludique. Ces composants agissent en synergie pour une action en profondeur contre la maladie.

À la différence des médicaments classiques, qui vont soigner les symptômes de la maladie mais n’empêchent pas totalement les rechutes, car le parasite peut rester présent dans l’organisme à l’état de latence, l’armoise annuelle détruirait définitivement le plasmodium, le parasite responsable de la maladie.

Elle a également une action préventive très utile, notamment dans les pays où le paludisme fait des ravages. En Afrique et à Madagascar, des ONG encouragent les populations locales à la cultiver et à l’utiliser. Faire boire aux écoliers une tisane tous les deux jours a donné de très bons résultats en matière de prévention. On utilise la plante entière en infusion préparée à raison de 5 g de plante sèche (20 g si on utilise la plante fraîche) par litre de liquide porté à ébullition, à laisser infuser 15 minutes. L’artémisinine étant liposoluble, c’est encore mieux, si vous en avez la possibilité, de préparer l’infusion dans du lait plutôt que de l’eau. L’extraction des principes actifs sera encore meilleure.

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