Esquive de la loutre

loutre d europe

C’est en novembre que naissent les loutrons. Vous craquez devant tant de mignonitude ? Normal…

… Et pourtant son capital sympathie est récent. La loutre d’Europe a failli disparaître pour toujours. Il en restait moins de 1000 en France à la fin du XXe siècle. Nous la chassions pour sa fourrure, puis à cause de sa concurrence déloyale avec nos pêcheurs. C’était un « nuisible », comme le renard ou le putois aujourd’hui. Si la chasser a été interdit en 1972, et l’animal légalement protégé en 1981, la modification de ses habitats ne facilite pas son retour. Pollutions des eaux, pesticides, barrages, berges en béton et assèchement des zones humides, nous avions tout aménagé sans lui laisser de place. Les efforts des associations de protection de la nature, la sensibilisation, les travaux de renaturation et les expériences de réintroduction de loutres réussies permettent aujourd’hui d’être optimiste à l’échelle nationale. Cette créature a une bonne bouille, ça aide. Comme le hérisson, elle devient un nouveau héros de nos territoires.

Une loutre peut en cacher une autre. On en connaît 63 espèces dans le monde. Ce sont toutes des mustélidés, de la même famille que la belette ou le blaireau. Elles ont une bonne tête, un corps fuselé, un pelage dense, une longue queue, des pattes courtes aux doigts griffus et palmés. Elles sont agiles et aiment l’eau. Chaque espèce a ses propres habitudes. Notre loutre d’Europe aime les rivières, les grenouilles et les poissons. Elle vit seule et ne joue avec ses copines que pour faire des bébés. La loutre marine vit dans l’Océan Pacifique et jardine les prairies d’algues. La loutre à cou tacheté est africaine, tropicale, et vit en groupes monogenrés. Les mecs d’un côté, les filles de l’autre. N’oublions pas la loutre de Sumatra, au nez poilu de vibrisses, la loutre du Congo, qui aime la montagne et les marécages, celle du Chili, à la tête aplatie couleur café, la loutre de mer ou encore la loutre géante. Celle-là fait un boucan d’enfer en Amazonie et a un caractère de chien.

Pour lire la suite

Déjà abonné·e ?

Magazine

À lire aussi

Pour nous prémunir du risque de nouvelles pandémies…

« Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la Covid-19 relève du surréalisme, pas de la science », déclarait Luc Ferry dans L’Express du 30 mars 2020, contredisant ce qu’affirme pourtant la soixantaine de scientifiques du monde entier que Marie-Monique Robin a pu interroger pendant le premier confinement. Son livre La Fabrique des pandémies réunit ces entretiens dans une enquête passionnante qui explique comment la déforestation, l’extension des monocultures, l’élevage industriel et la globalisation favorisent l’émergence et la propagation de nouvelles maladies. Non seulement la pandémie de Sars-CoV-2 était prévisible, mais elle en annonce d’autres.