Ingrédients : E450

Suite de notre voyage dans les E… des listes d’ingrédients des aliments que nous mangeons chaque jour, sans toujours savoir exactement ce qu’ils représentent.

Ainsi, ce E450, ou Diphosphates, mérite l’attention… Qu’est-ce donc ? Un lointain cousin de ces engrais phosphatés si décriés ou bien… ?

Qu’est-ce que c’est ?

Les diphosphates (également désignés sous le nom de pyrophosphates) sont des sels (de sodium, de potassium ou de calcium) et esters de l’acide pyrosphosphorique, un dimère de l’acide phosphorique, celui-là même, eh oui, qu’on utilise pour la fabrication des engrais, la synthèse de détergents ou les traitements antirouille des métaux… Et qu’on obtient par l’attaque d’un phosphate minéral à l’aide d’un acide fort, comme par exemple l’acide sulfurique.

À quoi ça sert ?

Dans les denrées alimentaires, il est présent sous forme d’additif pour ses propriétés émulsifiantes et stabilisantes. Il est également utilisé en tant que correcteur d’acidité. Il peut aussi jouer le rôle de séquestrant du fait de son aptitude à se lier à certains métaux.

C’est bon ou c’est mauvais ?

À première vue, et si on ne considère que son origine chimique, cet additif (même si son coût de revient est relativement faible) n’a rien de très engageant. À y regarder de plus près, il faut le dire… le tableau n’est pas tellement plus réjouissant.

En tant que séquestrant, il est susceptible de neutraliser les métaux, notamment lourds, quand ils sont présents sous forme de traces dans les denrées alimentaires, ce qui constitue incontestablement un point positif à porter à son crédit. Mais cette capacité s’étend également aux minéraux, et ses effets alors s’avèrent nettement moins recommandables.

Comme ses proches voisins (les triphosphates ou E451 et les polyphosphates ou E452), le E450 est ainsi reconnu pour avoir la capacité d’entraver, au cours de la digestion, l’assimilation de plusieurs minéraux, et notamment le calcium, le magnésium et le fer. Il peut aussi perturber l’équilibre du rapport calcium/phosphore de l’organisme humain.

À hautes doses, il favoriserait les dépôts calcaires et l’atrophie des os.

Il pourrait aussi jouer un rôle non négligeable dans le syndrome d’hyperactivité qui touche de plus en plus d’enfants.

Enfin, des études menées sur des rats ont conclu à l’implication de cet additif dans des ralentissements de la croissance ou des baisses de fertilité. Ces résultats ne sont pas forcément transposables à l’homme, mais dans le doute, de nombreuses sources classent le E450 et ses cousins dans les substances à consommer avec modération !

Où le trouve-t-on ?

L’utilisation des diphosphates n’est soumise qu’à très peu de restrictions. Elle est parfois assortie de concentrations maximales recommandées, spécifiées par catégories de denrées alimentaires. Mais on peut en retrouver dans toutes, et principalement dans les fromages fondus, les laits concentrés, les flans et entremets, les biscuits ou les produits surgelés, comme également dans certaines farines.

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