Que faut-il manger contre la spasmophilie…

Tous les spasmophiles cherchent à se sentir mieux au quotidien et à espacer leurs crises. Bonne nouvelle : certains aliments accomplissent parfaitement cette tâche. Lesquels, comment ? Avec Belle-Santé, découvrez enfin ce qui se passe au cœur de vos cellules. C’est ici que tout commence !

Il y a encore des médecins qui estiment que la spasmophilie n’existe pas ou que « tout ça, c’est dans la tête ». Nous les laissons empêtrés dans leurs certitudes datant d’une autre ère et nous nous adressons aux 10 millions de spasmophiles qui souffrent régulièrement de sensation d’oppression, d’étau qui « serre les côtes », de manque d’air, tremblements, palpitations, fourmillements, douleurs thoraciques, vertiges, paupières qui « sautent », douleur « comme un coup de poignard » au cœur… Au stade supérieur, si l’on se met à trembler, à se raidir en présentant des contractures musculaires intenses (mains, visage, pieds), c’est la crise de tétanie. Pour la spasmophilie, on parle de « tétanie latente ».

Mais ce trouble aux mille visages peut se manifester par bien d’autres symptômes. Normal : toutes les cellules recherchent en permanence un équilibre entre le calcium et le magnésium. Chez le spasmophile, ce réglage subtil ne fonctionne pas toujours très bien et les symptômes qui en résultent peuvent apparaître n’importe où dans l’organisme.

Un cercle vicieux en 6 étapes

En cas de stress, par exemple une porte qui claque, si on est déficient en magnésium (ou bien spasmophile), l’organisme « surréagit ».

Explications en 6 étapes

  • Problème 1 = La glande surrénale libère beaucoup (trop) d’adrénaline. Cette adrénaline se fixe sur les cellules musculaires et joue son rôle : elle fait entrer le calcium dedans. C’est ce qui permet d’augmenter le tonus musculaire (génial mécanisme imaginé à l’origine par la Nature pour nous aider à fuir en cas de danger subit, genre tigre affamé surgissant derrière la grotte).
  • Problème 2 = Le magnésium joue le rôle de modulateur: c’est lui qui décide de la quantité de calcium qui doit pénétrer la cellule. Si l’on manque de magnésium (ou que l’on est spasmophile, donc), il rentrera davantage de calcium dans la cellule (pour une quantité identique de noradrénaline). Et le calcium jouera son rôle à l’excès : il va hypercontracter le muscle. D’où la crise de tétanie.
  • Problème 3 = La spasmophilie porte bien son nom car, en raison de ce manque de contrôle du calcium par le magnésium, les muscles présentent tous des spasmes, même dans les organes. D’où des spasmes du colon (intestin irritable), des manifestations urinaires (envies très fréquentes d’uriner), des douleurs de règles accentuées, etc.
  • Problème 4 = Les artères pâtissent aussi de ce déséquilibre magnésium/calcium, ce qui explique les troubles circulatoires tels que les bourdonnements d’oreille, extrémités froides (mains et orteils « gelés »), vertiges, migraines et autres surdités brusques et passagères…
  • Problème 5 = Comme il y a trop de calcium dans les cellules, il n’y en a plus assez dans le sang. Pour remonter son taux sanguin de calcium, l’organisme est contraint de « grignoter » un peu de calcium de l’os. C’est pourquoi, à force, les femmes spasmophiles présentent à la ménopause un squelette plus fragile et un risque d’ostéoporose plus élevé que la moyenne.
  • Problème 6 = En entrant massivement dans les cellules, le calcium « chasse » le magnésium qui s’y trouvait (il n’y a pas de place pour tout le monde !) et ce dernier, se retrouvant en grande quantité dans le sang, est éliminé par le rein.

Voilà un beau cercle vicieux, car on se retrouve avec encore moins de magnésium qu’avant la «crise», et donc une vulnérabilité aggravée. Au prochain stress, tout recommencera… À n’importe quel moment, le spasmophile peut décompenser, c’est-à-dire faire une crise de spasmophilie, voire une véritable crise de tétanie. Rien de grave, mais toujours très impressionnant à vivre et à observer.

Une sensibilité à fleur de peau

C’est que notre cerveau est un grand sensible. Une baisse de carburant (sucre), pas assez de vitamines ou de minéraux, des mauvais gras, et le voilà qui fait grise mine. En outre, pour communiquer entre eux, les neurones émettent ce qu’on appelle des neurotransmetteurs, sortes d’hormones dans le cerveau. Il y a la sérotonine, apaisante, la dopamine, au contraire stimulante, etc. Nos cellules ne peuvent fabriquer ces messagers de la joie de vivre sans une quantité suffisante de protéines. Quant à la vitamine C, remarquable anti-stress, elle éveille l’esprit dans tous les sens du terme. Dans le tableau page 32, vous allez découvrir une multitude d’aliments. C’est normal. Pour notre confort mental, nous avons besoin d’une très large panoplie d’éléments nutritionnels. La notion « Mangez varié et équilibré » prend ici toute sa dimension. Vous vous rendez compte du nombre de petites mains qui concourent à nous rendre joyeux plutôt que grincheux ?

Retrouver ses marques, redonner un sens à l’existence n’est pas qu’une affaire d’assiette. Lumière du jour, exercice physique voire sport plus soutenu, balades à l’air pur, épanchement dans le creux d’une oreille bienveillante, loisirs et repos sont aussi des ingrédients indispensables de la joie de vivre. Pensez-y : ils ne sont pas en option.

LES BONS RÉFLEXES ALIMENTAIRES

VOS AMIS

Repas réguliers, pris dans le calme et très riches en nutriments (pas en calories) de rigueur : à chaque repas, des sucres lents (légumes secs, céréales complètes, pain complet, pâtes complètes, fruits et légumes frais, petit pois, des protéines (poisson, œuf, viande, jambon, volaille, crustacés, coquillages, céréales + légumes secs, tofu…).

– Des bons gras (huiles de colza ou d’olive) midi et soir impératifs. Une telle alimentation permet aussi de couvrir les besoins en vitamines B (spécial système nerveux et anti-stress).

– Le magnésium est votre cheval de bataille permanent. En manquer, c’est s’exposer à la morsure du stress, donc à la crise de spasmophilie, voire de tétanie. La majorité des Français manque de magnésium. Multipliez les apports au cours de la journée, et ce tous les jours de l’année : buvez de l’eau minérale très riche en magnésium (Hépar surtout), et préparez toutes vos boissons chaudes avec : thé, tisanes, soupes… À chaque repas, mangez l’une ou l’autre de ces sources de magnésium : des fruits de mer (surtout des bulots), des céréales complètes (riz, pâtes, pain au levain), des flocons d’avoine…) + des légumes (verts et secs, notamment le cresson) et des fruits frais (surtout pomme) c’est très important.

– Pour les douceurs, préférez le chocolat noir (en quantité raisonnable), les fruits oléagineux (amandes, noisettes, noix, pistaches…) à consommer évidemment nature (non grillé/non salé), tels quels. Vous pouvez les incorporer dans les plats ou les salades.

– Une petite faim ? Vite, des fruits secs (tous : raisin, abricot, banane, figue…) et oléagineux ! C’est bon et ce « grignotage sain » complètera vos apports en magnésium.

– Veillez à des apports tout aussi réguliers en calcium, mais n’augmentez pas pour autant votre consommation de produits laitiers. Les choux (toute la famille), le cresson, les légumes verts, les amandes et les sardines (avec arêtes) en sont les meilleures sources.

– Pour retrouver l’équilibre de votre taux de sérotonine, mettez régulièrement à vos menus les œufs, laitages, dinde, poisson, soja, tomate, aubergine, avocat, pain au blé complet, banane, datte, noix et prune.

VOS ENNEMIS

Une alimentation pauvre en nutriments (pain blanc, farine blanche, pâtes et riz blanc, salades en sachets), pauvre en fruits et légumes.

– Une alimentation riche en sucre, en sel (le sodium fait fuir le calcium), en mauvaises graisses, bref : tout ce qu’on retrouve dans la majorité des préparations industrielles (produits traiteurs, plats préparés, quiches, tourtes, pâtisseries industrielles…).

– L’alcool empêche de bien assimiler les minéraux et les vitamines : attention, vous y êtes particulièrement sensible.

– La caféine fait fuir le magnésium. Évitez les excès de café. Chez les personnes hypersensibles, même une tasse peut poser problème !

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La spasmophilie

J’ai été spasmophile pendant plusieurs années. Au point de ne même pas arriver à passer la porte de ma maison pour aller chercher mon courrier. J’ai eu aussi beaucoup de crises de peur panique, surtout quand je devais attendre aux caisses par exemple, ou dans des salles d’attente. J’étais alors obligée d’aller m’isoler, dès que je sentais la crise venir (sueurs, palpitations, mes jambes qui flageolaient, l’impression que j’allais tomber par terre et mourir). J’avais aussi très souvent des maux de ventre, des périodes alternées de diarrhées et de constipation.» Catherine.