Bien avant le LSD

L’ergotisme est une maladie qui, durant des siècles, a fait des millions de morts, souvent par centaines et longtemps inexpliquées, souvent attribuées à la magie ou à la sorcellerie. Ses symptômes possibles sont nombreux, pourtant ce sont souvent les hallucinations visuelles et auditives, ou la confusion, qui ont marqué les esprits lorsque, par exemple, au Moyen Âge, des villageois étaient pris collectivement d’une sorte de folie, d’où son surnom de « mal des ardents »… La maladie peut aussi donner de la fièvre, des démangeaisons, des troubles vasculaires, des vomissements et mille autres choses. Elle est due à la contamination de céréales par un champignon, le Claviceps purpurea, dont la toxicité a été élucidée au XVIIIe siècle, ce qui a permis de s’en prémunir (sauf en cas de disette !). Dans son ouvrage, Jean Vitaux, médecin gastro-entérologue, revient sur la longue histoire de ce champignon dont les principes actifs, des alcaloïdes, ont finalement été découverts au XXe siècle. Parmi eux, l’acide lysergique à partir duquel a été synthétisé le LSD, une drogue psychoactive aux effets extrêmement dangereux.

Une histoire de l’ergot de seigle
Jean Vitaux, Éditions PUF, 11,5 x 17,6 cm, 240 pages, 12 €.

Magazine

À lire aussi

Faut-il avoir peur des mycotoxines ?

Aflatoxines, ochratoxines, fumonisines… des mots qui ne vous disent peut-être pas grand-chose. Et pourtant, ces substances appelées mycotoxines figurent peut-être à votre insu au menu de vos repas quotidiens. Issues de moisissures, les mycotoxines peuvent être cancérogènes, mutagènes, tératogènes, immunosuppressives, oestrogéniques ou encore néphrotoxiques ! Faut-il alors en avoir peur ? Comment s’en protéger ? Quelques éléments de réponses.

De l’art de faire au pouvoir de s’émanciper

Art des fous, art brut, art singulier ou art outsider, les termes se succèdent pour nommer l’infini fourre-tout d’une création qui se dérobe toujours à la catégorisation. Loin des circuits culturels, les artistes inclassables qui produisent spontanément et en dehors des traditions de l’histoire de l’art restent marginalisés. Qu’ont-ils à nous montrer et nous apprendre ? Deux bandes dessinées retracent le parcours de certains d’entre eux, en destins croisés dans Enferme-moi si tu peux d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg ou à travers la biographie émouvante de Petit Pierre et son fabuleux manège signée Daniel Casanave et Florence Lebonvallet.