Déshydratation ches les personnes âgées
La canicule nous l’a malheureusement rappelé cet été : la déshydratation peut tuer. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la déshydratation ne connaît pas de saison. En clair, elle peut se produire même au plus fort de l’hiver. En première ligne, les personnes âgées.
Certes, les 14 000 morts de la canicule (chiffre malheureusement encore provisoire) ne l’ont pas été du fait uniquement de la déshydratation. Même bien hydratées, certaines personnes âgées, plus fragilisées que d’autres, sont mortes de chaud ! Pour autant, la déshydratation avancée demeure une cause de décès qui ne concerne pas que l’été. Aussi curieux que cela puisse paraître, la déshydratation peut se manifester en plein hiver. En France, on estime d’ailleurs que chez les personnes hospitalisées de plus de 65 ans et en toutes saisons, 6 % sont déshydratées ! Il en est de même dans les maisons de retraite. Une étude américaine affirme même que la mortalité due à la déshydratation tuerait trois fois plus que la fracture du col du fémur. En l’absence de traitement, la mortalité avoisinerait les 50 % !
Avec l’âge, on s’assèche
Si l’eau représente environ 60 % du poids du corps de l’adulte jeune, avec l’âge, ce chiffre tend à se rapprocher des 50 % du fait de la chute de la masse maigre (muscles, graisse…) qui contient à elle seule 80 % de la totalité de l’eau corporelle.
Avec l’âge, on a donc tendance à « s’assécher ». Autrement dit, les stocks d’eau sont moins importants qu’auparavant, ce qui explique que la déshydratation frappe plus facilement les personnes âgées que les adultes jeunes.
La baisse du poids d’abord
C’est l’un des signes de la déshydratation, le plus facile à contrôler. Déshydratée, une personne âgée peut perdre jusqu’à 3 kilos en deux jours ! Mais attention, il s’agit d’une baisse assez brutale, car le poids n’est pas qu’une affaire d’eau, il concerne aussi l’alimentation… et les selles. La dénutrition ou l’alitement prolongé peuvent donc également faire chuter le poids, mais de façon progressive.
Autres signes assez fiables, bien que non spécifiques de la déshydratation, la persistance d’un pli cutané et la présence d’une langue sèche. Dans ce dernier cas, il faut tenir compte d’un dessèchement possible de la langue par l’augmentation de la fréquence respiratoire, le port d’un appareil dentaire, l’usage de certains médicaments, voire la fièvre. L’augmentation de la fréquence cardiaque, la baisse de la tension artérielle, des urines foncées, une diminution de la sudation sous les aisselles et l’apparition de troubles du comportement (confusion, agitation, torpeur…) doivent également mettre la puce à l’oreille.
BIEN RECHERCHER UN PLI CUTANÉ
La recherche d’un pli cutané se pratique au mieux sur le milieu de la cuisse ou du sternum. En effet, les bras, les épaules ou le visage, certes plus faciles à examiner, sont aussi des endroits où la peau naturellement distendue peut donner une fausse impression de pli cutané. Il suffit de pincer la peau à l’aide du pouce et de l’index puis de la relâcher et observer si la peau revient à l’état normal instantanément ou pas. La persistance d’un pli sur la peau, même discret, atteste d’une déshydratation.
Attention toutefois aux oedèmes qui peuvent donner une fausse impression de pli cutané.
Circonstances favorisantes
ATTENTION AU CAFÉ ET À L’ALCOOL
Attention au café et à l’alcool, diurétiques. En cas de déshydratation, leur absorption fait perdre plus d’eau qu’elle n’en apporte. Une conséquence s’impose, le café et l’alcool ne sont pas des désaltérants…
L’une des premières causes de déshydratation est tout simplement… la fièvre ! La hausse de la température interne reproduisant alors les effets « asséchants » d’une hausse de la température extérieure. On estime d’ailleurs qu’il faut augmenter l’apport d’eau de 300 ml par degré de température au-delà de 37°C. À 40°C, on devrait donc boire un litre de plus par 24 heures.
L’autre cause majeure de déshydratation, très répandue chez les personnes âgées, est l’usage des diurétiques utilisés pour baisser la tension artérielle.
Autres responsables, les vomissements et la diarrhée qui s’accompagnent donc de pertes d’eau.
Pour des raisons différentes, le diabète et la maladie d’Alzheimer exposent également à la déshydratation.
Enfin et surtout, avec l’âge, la sensation de soif se fait moins vive. En clair, on peut être très déshydraté, ou tout prêt de l’être, et ne pas avoir soif… Une bonne raison pour boire sans soif lorsqu’on est âgé et/ou fiévreux. L’eau est le premier des traitements.
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