La flore intestinale

Rubrique

Nous devons mieux traiter notre flore intestinale si nous voulons rester en bonne santé, guérir ou même… maigrir !

Joël Doré, Directeur de recherche à l’INRA, est spécialiste du microbiote, c’est-à-dire de la flore intestinale. Il dresse l’état des lieux de ce que l’on sait sur ce nouvel organe et de son impact sur notre santé, notre silhouette et notre bien-être. Fascinant !

POURQUOI A-T-ON DU MAL À ACCEPTER LE FAIT QUE NOTRE FLORE INTESTINALE SOIT UN « DEUXIÈME CERVEAU » ?
Cette expression, jadis osée, est désormais complètement acceptée. On peut penser que ce deuxième cerveau intestinal remet en cause, d’une certaine façon, des siècles de représentation de l’Homme (l’image que l’on se fait de l’humain), dans laquelle il y a « le haut » et « le bas ». Ce qui est au-dessus de la ceinture – la tête, le cérébral, le cœur, l’affectif – bref, le noble. Et le non-noble, pour ne pas dire l’ignoble, ce qui est sous la ceinture, et dont on ne parle pas. Or, ce bas et ce haut seraient en connivence, et dialogueraient pour le plus grand bien de notre santé.

DANS NOTRE VENTRE, C’EST UN AUTRE MONDE ?
Oui, et cette découverte est une vraie révolution. Il y a aujourd’hui un autre monde avec lequel nous communiquons, et qui gère une partie de notre bien-être et de notre santé. Nous sommes inondés d’informations scientifiques à ce sujet, à peu près tous les jours. Par exemple, dernièrement, on a appris que ceux qui travaillent de nuit peuvent subir une incompatibilité entre leur propre vie et celle de leurs bactéries, ce qui entraîne des prises de poids, du diabète… C’est tout un univers qui s’ouvre, passionnant.

EN QUOI EST-CE SI ÉTRANGE, FINALEMENT ?
C’est une rencontre du troisième type : la symbiose Homme/microbiote. L’homme est porteur de micro-organismes qui le colonisent dès sa naissance, et ce tout petit moment de vie va probablement conditionner toute son existence. Car, dans l’utérus, il était en milieu stérile ! Ces micro-organismes échangent des signaux avec les cellules, les tissus humains, par le biais d’un dialogue intime, globalement bénéfique (en conditions normales). La flore intestinale, aussi appelée microbiote, contribue activement à la santé et au bien-être.

POURQUOI EN PARLE-T-ON TANT DEPUIS PEU ?
On reconnaît aujourd’hui au microbiote un statut d’organe à part entière, ce qui est nouveau. Les pas technologiques réalisés permettent désormais d’en séquencer les gènes, exactement comme on a séquencé le génome humain. Avec le microbiote humain, on a donc séquencé en quelque sorte le deuxième génome humain, puisque cette association est un peu obligée !
Autre raison : on a établi formellement des liens entre le microbiote et les grandes maladies de notre société moderne.
Le microbiote joue un rôle d’interface, d’une part avec les aliments, d’autre part avec le microbiote lui-même, et enfin avec les microbes. L’interface microbe/microbe est établie depuis longtemps : on sait que la présence de certains microbes (« gentils ») empêche l’installation de microbes pathogènes. C’est l’effet barrière. L’interaction avec les aliments est importante aussi, car elle concerne toutes les fractions d’aliments qui n’ont pas été digérées et qui arrivent intactes au stade de l’intestin (fibres alimentaires).

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