La lucite estivale bénigne

La lucite estivale bénigne est une éruption cutanée très commune, inconfortable et inesthétique, qui se manifeste dès les premières expositions au soleil. Nos conseils simples et pratiques pour la prévenir et passer un été sans désagrément.

Aussi connue sous le nom de LEB, la lucite (du latin lux, lucis, la lumière) dite estivale bénigne est une allergie aux rayons UVA qui touche 10 à 20 % de la population, essentiellement les femmes, dont 85 % de moins de 35 ans. Elle est plus commune que les autres allergies solaires (polymorphe, urticaire solaire, dermatose printanière) aux conséquences parfois plus handicapantes.

Ça ressemble à quoi ?

La LEB se manifeste par une éruption de boutons sur le décolleté, les épaules, les bras et les jambes, 48 heures environ après les premières expositions. Autant de zones habituellement protégées par les vêtements qui ne résistent pas à l’agression du flot d’UVA de la belle saison ou lors des séjours hivernaux dans des destinations tropicales. Elle épargne généralement le visage, plus exposé, et se déclenche aussi lors des séances de bronzage artificiel en cabine.

En cause

Les rayons ultraviolets du soleil, notamment les UVA qui pénètrent profondément l’épiderme. Ils provoquent une forte réaction immunitaire de la peau qui se traduit par une inflammation avec apparition de boutons ou plaques rouges associés à des démangeaisons.

Certains médicaments ou cosmétiques photosensibilisants (veinotoniques, antidépresseurs…) sont aussi pointés du doigt pour déclencher ou aggraver une lucite.

L’hérédité est aussi un facteur prédictif : une jeune fille risquera plus d’être sensibilisée à la LEB si sa mère en a été victime.

Que faire en cas de lucite ?

Dès les premières manifestations allergiques (premiers boutons et/ou rougeurs), il vaut mieux éviter toute exposition solaire jusqu’à leur disparition.

  • Restez à l’ombre, préservez votre peau en gardant vos habits et un chapeau protecteur pour le visage.

En cas de démangeaisons, calmez la zone avec une crème apaisante dédiée aux peaux sensibles ou irritées.

  • Vous pouvez aussi appliquer des cataplasmes de miel pur calmant et cicatrisant, de l’hydrolat de camomille romaine anti-inflammatoire ou des eaux thermales adoucissantes.

Les symptômes disparaîtront progressivement au bout d’une semaine, à condition de ne pas s’exposer au soleil. Malheureusement, la LEB est récidivante, souvent en s’aggravant. Elle risque fort de réapparaître l’été suivant ou quelques années plus tard lors d’une première exposition au soleil au sortir de l’hiver.

Comment apprivoiser le soleil ?

Si le soleil est bon pour notre santé, notamment pour synthétiser l’indispensable vitamine D, il ne brille pas de la même façon pour tout le monde.

UVA/UVB/UVC

Le rayonnement solaire est composé de plusieurs types de rayonnements, qui se distinguent par leur longueur d’onde :
– de 200 à 400 nm : rayonnement ultraviolet (UV) ;
– de 400 à 800 nm : rayonnement visible ;
– de 800 à 1400 nm : rayonnement infrarouge (IR).
Plus la longueur d’onde est faible, plus le rayonnement est énergétique… et donc agressif. Ce sont ainsi les rayons UV qui sont les plus susceptibles de causer des dommages à la peau, différents, là encore, en fonction de la longueur d’onde :
– de 200 à 280 nm : les UVC sont potentiellement les plus nocifs, mais ils sont bloqués par la couche d’ozone et n’arrivent pas jusqu’à nous ;
– de 280 à 320 nm : les UVB traversent la barrière cutanée et le stratum corneum (la couche la plus superficielle de la peau) et atteignent l’épiderme ;
– de 320 à 400 nm : les UVA, eux, pénètrent plus profondément, jusqu’au derme.

Il faut savoir l’apprivoiser surtout en cas de peaux sensibles et réactives. Pour ces dernières, et en prévention pour toutes les autres, pas d’expositions prolongées au soleil (maximum 15 à 20 minutes les premiers jours), ni aux heures les plus chaudes (entre 12 et 16 heures). Toujours aborder le soleil progressivement en protégeant sa peau à l’aide d’une crème solaire SPF 50 (à renouveler toutes les deux heures) ou mieux, en gardant des vêtements couvrants et en portant un large chapeau.

En amont, il est recommandé de préparer son épiderme de l’intérieur avec une alimentation riche en nutriments photoprotecteurs, vitamines et antioxydants, ou à l’aide de compléments alimentaires.

Au menu : des caroténoïdes comme le carotène, le lycopène, la zéaxanthine ou l’astaxanthine. Ce sont des pigments naturels orangés, de jaune à rouge, qui présentent un fort pouvoir antioxydant. Ils participent à la protection des cellules exposées à la lumière et améliorent la tolérance de la peau au soleil. On les retrouve dans nombre d’aliments : carotte, courge, tomate, abricot, maïs, saumon, pamplemousse rose…

Sans oublier un apport indispensable en vitamines C (acérola, cassis, persil, kiwi, fraise, citron, épinards…) et E (huile de germe de blé, céréales complètes, poissons gras) qui aident à lutter contre les radicaux libres, et en oligo-éléments comme le zinc (huîtres, foie, sésame, œuf, soja…) et le sélénium (noix du Brésil, huîtres, poissons…) qui stimulent les fonctions immunitaires.

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