Le bon programme cosmétique contre la lucite estivale bénigne

Mieux vaut prévenir que guérir ! L’adage est particulièrement vrai pour la lucite estivale bénigne, même si la cosmétique, qui a toutes les armes pour l’éviter, peut aussi être de quelque secours une fois l’allergie déclenchée.
Si on se réfère à la définition de la lucite estivale bénigne, il s’agit d’une allergie aux rayons UVA. Deux éléments déclenchants sont donc à prendre en compte : la sensibilisation de l’organisme (qui intervient dans tous les phénomènes d’allergies) et l’exposition à la lumière, notamment celle du soleil.
Pour la prévenir, deux mesures de simple bons sens s’imposent : se protéger des UVA (inutile de préciser qu’en cas de prédisposition à la lucite estivale, les cabines de bronzage sont à proscrire), et limiter les risques de sensibilisation.
Un bon écran anti-UVA
La meilleure protection contre les UVA reste… l’ombre. Ou des vêtements très couvrants, de la tête aux pieds, incluant un chapeau à larges bords et des moufles.
On est d’accord : la prescription est un peu rude en plein été.
Sans exagérer ni sur les heures ni sur la durée des expositions au soleil, on peut aussi choisir la sage modération associée à la meilleure protection que la cosmétique puisse apporter : une crème solaire. Mais pas n’importe laquelle.
SPF 50+, logo UVA obligatoire
Puisqu’on parle de protection, il est nécessaire de choisir un produit qui en procure une qui soit très élevée. Délaissez les indices SPF faibles pour vous tourner vers les 50+, les plus forts que la cosmétique puisse revendiquer.
On le rappelle, le SPF (Sun Protection Factor, ou FPS pour Facteur de Protection Solaire) indique le niveau de protection contre les UVB, et sa détermination est très précisément codifiée par la réglementation.
Mais les produits solaires protègent aussi des autres rayons que sont les UVA. Rien n’oblige un fabricant, en revanche, à indiquer le niveau de protection contre les UVA (même si certains apportent cette précision sur l’étiquette). Il est seulement tenu de respecter un ratio obligatoire (le facteur de protection UVA doit être au moins équivalent à 1/3 du SPF) et d’apposer un logo (les lettres UVA dans un cercle) pour indiquer qu’il est bien en conformité avec cette obligation.
Cela ne protège pas de tout, mais c’est déjà une garantie que de vérifier sa présence sur l’étiquette.
Application généreuse et répétée
Un produit bien protecteur ne suffit pas. Pour qu’il soit efficace, encore faut-il qu’il soit utilisé correctement. Car cela peut impacter, au-delà du SPF affiché sur l’étiquette, le niveau de protection réel de la peau. On estime que celui-ci dépend en effet considérablement de la quantité de produit appliquée (à hauteur de 71 %), et de l’homogénéité de l’application (pour 21 %).
Pas question, donc, de la jouer à l’économie. Il est indispensable d’utiliser, à chaque application, une quantité bien généreuse de produit, et de l’étaler soigneusement et uniformément, sur la totalité des zones exposées.
Il faut aussi se souvenir que la protection diminue avec le temps. Bains de mers, frottements de la peau sur le sable, transpiration, séchage avec une serviette… : autant de facteurs qui favorisent l’élimination du produit protecteur. Il est donc conseillé de le réappliquer régulièrement, et au minimum toutes les deux heures, toujours en bonne quantité et minutieusement.
La chasse aux sensibilisants
Deuxième volet de la prévention : la minimisation des risques de sensibilisation. Cela va sans dire, mais c’est encore mieux en le disant : il faut éviter absolument tous les produits qui contiennent des ingrédients sensibilisants, et encore davantage des ingrédients photo-sensibilisants. Or, la cosmétique n’en manque pas. Et cela vaut pour les produits de protection solaire comme pour les soins quotidiens (crèmes pour le visage, maquillage, laits pour le corps, huiles de massages, etc.).
Avant de se montrer au soleil, un bon tri s’impose dans ses produits d’hygiène et de beauté.
Évitez donc, avant les expositions solaires, l’utilisation sur la peau de produits cosmétiques contenant :
- Des huiles essentielles, et particulièrement celles d’agrumes photo-sensibilisantes : (bergamote : Citrus bergamia fruit oil ; citron : Citrus limon peel oil ; citron vert : Citrus aurantifolia oil ; mandarine : Citrus nobilis peel oil, Citrus reticulata leaf oil ; orange amère : Citrus aurantium amara oil ; orange douce : Citrus aurantium dulcis peel oil ; pamplemousse : Citrus grandis peel oil ; pamplemousse rose : Citrus paradisi peel oil), mais aussi angélique : Angelica archangelica leaf oil et verveine citronnée : Lippia citriodora oil ;
- De l’alcool : Alcohol, Alcohol denat. ;
- Du parfum : Parfum, Fragrance (oubliez aussi dans son placard votre eau de toilette habituelle) ;
- Du millepertuis : Hypericum perforatum ;
- Certains filtres solaires, allergisants : Benzophenone, Isopropyl dibenzoylmethane, Octocrylene…
À noter que ceux-ci sont interdits dans les cosmétiques bio.
Et s’ił est trop tard…
Si, malgré toutes vos précautions, une lucite se déclenche, la cosmétique peut apporter, non pas la guérison, mais un peu de soulagement. Et notamment pour apaiser la peau, et calmer (un peu) les démangeaisons associées à l’éruption cutanée.
Cela passe par des actifs apaisants, surtout s’ils ont aussi des propriétés anti-inflammatoires. On en trouve assez fréquemment dans les produits après-soleil.
À privilégier, ceux qui contiennent les ingrédients suivants :
- Allantoin ;
- Bisabolol ;
- La camomille : Anthemis nobilis, Chamomilla recutita ;
- L’acide glycyrrhétinique : Glycerrhetinic acid, issu de la réglisse ;
- L’Aloe vera…
Mais si les symptômes sont trop forts, une consultation médicale peut être indispensable. La réponse traditionnelle est l’utilisation de crèmes à base de corticoïdes… Et en attendant la disparition de l’éruption, cette fois, restez à l’ombre !
