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Les bons aliments, c’est pour les riches ?

L’important, quand on est pauvre, c’est de pouvoir manger de la viande, des fruits et des légumes, peu importe la qualité, si l’on en croit le raisonnement de Stéphane Le Foll, notre ministre de l’agriculture. Le raisonnement qu’il suit pour expliquer tout ça demande un gros effort, le cheminement est tortueux, et le langage utilisé emprunte une syntaxe étonnante, mais ça vaut le détour.
Soit ce ministre ne devrait pas accepter les émissions matinales (après tout, il est peut-être « du soir »), soit il prend les auditeurs de France-Inter pour des abrutis, mais en tout cas, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer la transcription mot pour mot de son affligeante intervention (à lire à voix haute en prenant un air sérieux).

Le 27 juillet dernier, dans le 7/9 de France-Inter, à la question d’un auditeur demandant « Pourquoi ne pas aider plus la montée en qualité des produits français, genre bio, locale ? », voici ce qu’il a répondu, mot pour mot :

« Bien sûr qu’il faut développer les produits bio et de qualité, mais en admettant qu’un jour tout soit bio, ça veut dire que le prix du produit que vous allez consommer, tout est biologique, je vous le dis par avance, s’il n’y a plus une différence entre ce qui est un produit plus standard, de moins bonne qualité, et un produit de qualité, à ce moment-là tout est standard et le standard, ça devient la bio et vous verrez qu’à ce moment-là, la différenciation sur les prix y’en aura plus. Donc il faut aussi être capable, ça c’est un débat de fond, j’en profite ce matin, pour que tout le monde se mette bien dans la tête qu’il y a une place et qu’il faut développer des produits de qualité, mais que, y a besoin aussi de produits de grande consommation qui ne sont pas des produits à haut niveau de qualité, mais qui permettent à tous les consommateurs de pouvoir accéder à une alimentation diversifiée, parce que c’est ça qui est très important, par rapport à la question de la santé, c’est que chacun doit pouvoir avoir accès et à la viande et aux légumes et aux fruits. Donc c’est pas si simple que ça. Et si le jour où, je le répète, on n’a plus de différence entre le standard et le bio, ben le bio sera au prix du standard, c’est ça qu’il faut comprendre. »

Et comme l’auditeur avait raccroché, il n’a pas pu prolonger simplement sa question, je le fais pour lui : « Monsieur le Ministre, pour vous, la qualité de la nourriture n’a-t-elle donc aucune incidence sur la santé ? »
On a bien compris que, pour lui, NON. L’essentiel, c’est que même les pauvres puissent manger de tout… et qu’importe si ce sont des aliments de mauvaise qualité. Et il est ministre…

Sophie Lacoste

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