Les bons gestes devant une crise de nerfs

Réflexes en cas de « pétage de plombs » !
Des cris soudains, voire des hurlements, accompagnant une agitation motrice inhabituelle, parfois théâtrale… Nul n’est à l’abri d’une crise de nerfs, le fameux «pétage de plombs», que les médecins appellent « état d’agitation aigüe ». Spectaculaire autant qu’inquiétante pour l’entourage, la crise de nerfs cache une détresse psychologique, temporaire ou durable, qui peut nécessiter une prise en charge médicale, voire une hospitalisation en urgence. La crise de nerfs touche majoritairement les adolescents et les femmes. Une perte de contrôle spectaculaire et impressionnante qui ne doit pas cacher le risque majeur de l’agitation aiguë : l’agressivité contre soi-même, synonyme parfois de tentative de suicide, ou la violence physique envers l’entourage. D’où l’intérêt de reconnaître les trois autres signes caractéristiques de la crise que sont la difficulté à raisonner l’agité(e), les propos délirants et une angoisse massive, pas toujours facile à identifier d’ailleurs.
L’importance de l’entourage
L’entourage (famille, amis, environnement professionnel…) a un rôle crucial, tant dans le déclenchement de la crise (conflit, événement familial, contrariété quelconque…) que dans sa résolution. En effet, la crise de nerfs est souvent liée à un problème professionnel, social ou conjugal. En d’autres termes, seul, on ne fait pas de crise de nerfs : par sa seule présence, l’entourage va être à l’origine de l’agitation aiguë, de façon bien involontaire le plus souvent. Il s’agit souvent de la « goutte d’eau qui fait déborder le vase » !
Être en empathie
L’empathie et l’écoute bienveillante sont les maîtres mots pour tenter de tranquilliser un agité. Il faut tout d’abord l’écouter et le rassurer par des phrases qui ouvrent la possibilité d’un dialogue et d’une explication : « Je peux peut-être t’aider« , « Ne t’inquiète pas, je vais m’occuper de toi et de ce problème« , « Explique-moi ce qui ne va pas« , « Je te comprends. À ta place, je réagirais comme toi« , « On va trouver une solution« …
Vous l’aurez compris, il faut être ouvert, constructif et ne pas essayer de juger la personne, au risque d’accentuer son agitation. N’hésitez pas à contacter la famille si elle n’est pas présente à ce moment-là et si le déclenchement de la crise n’est pas en relation avec elle (crise de nerfs en milieu professionnel). Isolez-vous au calme si l’agitation survient dans la foule et si l’agité n’est pas trop agressif. Car la foule est souvent vécue comme menaçante pour l’agité et augmente alors son anxiété.
Quand le médecin devient indispensable
L’appel au médecin (15 ou 18) peut s’avérer nécessaire dans certains cas. En effet, l’agitation aiguë cache parfois une cause organique, autrement dit une pathologie dont l’un des symptômes est l’agitation aiguë. N’hésitez pas à appeler un médecin dans un contexte de fièvre (méningite, déshydratation), de spasmes violents ou d’une perte de connaissance (épilepsie, hémorragie cérébrale), après un traumatisme crânien, si l’agité est couvert de sueur (hypoglycémie), s’il suit un traitement (intoxication médicamenteuse) ou encore en cas d’alcoolisme connu (syndrome de manque, ivresse…) ou de toxicomanie (surdosage).
APRÈS LES NERFS, LA FUREUR…
On parle de « crise de fureur » lorsque l’agitation débouche sur une forme extrême et incoercible avec une violence destructrice. La force déployée par l’agité est souvent supérieure à ses possibilités habituelles et le rend dangereux pour lui-même et pour l’entourage. À ce stade, le dialogue est impossible et le recours aux forces de l’ordre et à un médecin est indispensable pour maîtriser l’agité dans un premier temps et le calmer par des moyens chimiques (tranquillisants). L’hospitalisation en milieu psychiatrique pour une durée variable selon les cas s’avère ensuite nécessaire.
À NE PAS FAIRE
– Lui dire que « ça n’est pas grave » ou « Calme-toi » ou « Ce n’est pas une raison pour t’énerver comme ça » qui risquent de l’agiter encore plus.
– Laisser la personne seule, du fait du risque suicidaire.
– Vouloir dédramatiser la situation en minorant les raisons qui ont déclenché la crise, une façon de nier la détresse psychologique de l’agité.
– Attacher ou ceinturer le malade, en dehors d’un risque suicidaire imminent ou d’une violence destructrice. Ces gestes risquent de renforcer son agitation.
– Gifler la personne.
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