Les choux de Bruxelles !

Ne les oubliez plus
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Ce mois-ci, vous mangerez les premiers choux de Bruxelles frais de l’année. Ils sont savoureux, bons pour la santé et pourtant souvent absents de nos jardins, alors que leur culture est facile, même en pot !

Parler de cultiver des choux de Bruxelles en septembre alors qu’on ne les sème qu’entre février et mai, drôle d’idée ? Pas tant que cela : c’est l’occasion de faire savoir qu’il est simple d’obtenir une belle récolte, surtout si vous anticipez ! Seule exigence de ce beau légume : un sol neutre. Or, s’il est nécessaire de « remonter » un peu le pH, c’est maintenant qu’il faut apporter un amendement calcique pour une efficacité maximale.  Donc, c’est maintenant qu’il faut se décider et se lancer !

UN PETIT POINT DE BOTANIQUE POUR FAIRE CONNAISSANCE
Brassica Oleracea var. gemmifera, ou choux de Bruxelles, est le résultat d’une mutation spontanée apparue en Europe du Nord vers le XVIIIe siècle. Il appartient à l’espèce Brassica Oleracea L. qui regroupe des choux de formes très différentes : choux pommés, choux-fleurs, choux brocolis, choux-raves.

CARACTÉRISTIQUES DE LA PLANTE
C’est une bisannuelle qui supporte le froid et offre une récolte entre octobre et mars, suivant les variétés. Le jardinier récolte des bourgeons feuillés en forme de petites pommes, les fameux choux de Bruxelles, dès l’année qui suit la plantation. Il lui faudra attendre encore une année pour voir des fleurs et obtenir des graines.

CONDITIONS D'INSTALLATION DE VOS CHOUX DE BRUXELLES
La tige peut atteindre 1,50 m pour certaines variétés, ce qui leur fait craindre les vents, il faut les tuteurer. Ce légume apprécie un bon ensoleillement et les terres calcaires à neutres, riches en matières organiques et drainant bien. Il fera merveille en sols sablonneux frais ou argilo-calcaires.

Pour bien installer votre culture, trois points importants :
> le pH de votre sol, qui doit être supérieur ou égal à 7. Vérifiez-le avec du papier pH acheté au rayon piscines des magasins de bricolage. Même sans être d’une très grande précision, la mesure du pH vous permet de décider d’un amendement correctif si le pH est inférieur à 7. Si l’écart n’est pas trop important (pH entre 6,5 et 6,9) sur la zone à planter, incorporez dès l’automne, par griffage profond, 300 g par m² de dolomie vendue en jardinerie en sac de 5 ou 10 kg. Sa valeur neutralisante est assez bonne (autour de 55-58). Si le pH est bien plus bas, sachez que pour le « redresser » il faut 3 à 4 ans, et ensuite il est prudent de faire un apport moindre tous les ans (1).
> La teneur élevée en matière organique décomposée est nécessaire. Observez si la terre est brune, souple et avec une bonne odeur.
> L’ameublissement du sol : prévoyez plusieurs passages d’outil pour aérer, fragmenter le sol et obtenir des agrégats de terre assez petits et friables. Pour un semis en place, le lit de semence doit être très fin et bien humide.

LES DATES CLÉ DE LA CULTURE
C’est la précocité de la variété choisie qui les détermine ; globalement, avec deux variétés différentes et en étalant les semis, vous pouvez consommer des choux de Bruxelles frais de septembre à mars dans la plupart des régions de France.
Les semis se font de mi-février (châssis chaud) à mai, la plantation a lieu plutôt en avril pour les variétés d’automne et en juin pour les variétés d’hiver. La récolte est décalée d’autant : de septembre à décembre pour les variétés précoces, et de novembre à mars pour les tardives.

QUELQUES VARIÉTÉS
Nous ne citons que des variétés non hybrides (2), les graines sont disponibles plutôt chez les revendeurs de semences bio :
- De Rosny, variété d’hiver ou de printemps, elle est rustique et productive ; hauteur 60-70 cm, pommes qui ne s’ouvrent pas vite et régulièrement disposées.
- Sanda, mi-tardive un peu colorée, elle produit des pommes dures, la maturité est groupée.
- De Groningue, très rustique et très productive, elle forme de grosses pommes, c’est une variété d’hiver ou d’automne adaptée aux sols lourds.
- Rubine, variété d’automne à tiges et pommes rouge-violet, bel effet décoratif.
- Darkmar, variété de mi-saison, récolte très étalée.
L’entretien de la culture
> La croissance lente laisse de la place pour une culture entre les rangs et les pieds : laitues, betteraves, haricots nains ou bien un carré d’aromatiques constitué de sauge, menthes, romarin, thym.
Autre solution : le paillage ! Celui-ci a l’avantage de maintenir le sol frais, ce qui correspond bien au besoin de ce chou.
> Évitez les à-coups dans l’alimentation hydrique, ils nuisent à la formation des pommes, maintenez le sol frais pour une culture en terre argilo-calcaire avec un paillage et arrosage très modéré.
Pour les sols sablonneux, arrosez sans excès, si nécessaire, en pluie et régulièrement.
> Prévoyez éventuellement un à deux apports d’engrais à base d’algues en pulvérisations foliaires au cours de la saison.
> Certains jardiniers pincent le sommet de la tige principale en septembre pour favoriser la formation des pommes, cette pratique tend à disparaître et ne se justifie plus pour les variétés récentes.
La culture d’un porte-graines
Pour faire ses graines soi-même, il faut identifier un pied qui ne présente pas de maladie et porte de nombreuses pommes, le laisser en place durant l’hiver, puis le replanter en avril.
=> Supprimez la tête terminale et les bourgeons mal développés, ne laissez que les pommes de taille correcte et attendez l’apparition des fleurs, puis la formation des graines dans les siliques. Celles-ci se récoltent un peu avant maturité, en juillet ; après un séchage à l’ombre de quelques jours, battez les siliques pour récupérer les graines et les mettre en sachet.
=> Notez la date de récolte et la variété ; la faculté germinative se maintient pendant 4-5 ans et elle est optimale la deuxième année suivant la récolte.
Les risques et la surveillance sanitaire
Globalement, le chou de Bruxelles est moins sensible aux maladies et moins fréquenté par les insectes que les autres choux.
> L’éclatement des pommes sur la tige est lié à un excès d’azote, le pourrissement est favorisé par un climat humide, surtout si la variété produit des rangées très serrées de pommes. Dans ce cas, il faut en supprimer quelques-unes.
> La hernie du chou est un champignon qui entraîne le dépérissement des plantes. Brûlez les plants atteints et faites remonter le pH au-dessus de 7,5.
> La piéride du chou est un papillon qui pond sur la face inférieure des feuilles des œufs jaune-orangé, et les chenilles vert clair rayées de noir dévorent les feuilles. Quelles sont les solutions écologiques ? Pulvérisez une décoction de tanaisie, du purin dilué de fougère, de genêts ou de tomates. Saupoudrez sur votre culture, à la rosée, de la poudre de feuilles d’absinthe. Plantez des aromatiques à proximité. Couvrez avec un filet. Piégez les papillons avec des phéromones…
> L’altise se manifeste en période sèche pour faire de la dentelle avec les feuilles. Traitez avec une macération de feuilles de tomate, de sureau ou d’absinthe ; les solutions de savon noir semblent efficaces, ainsi que le poudrage des feuilles (absinthe – cendres de bois…).
> La mouche du chou pond au collet ou sur les tiges. Pulvérisez une macération de feuilles de tomate et brûlez les pieds atteints.
> Le mildiou et la rouille sont deux maladies cryptogamiques pour lesquelles il faut intervenir préventivement. Si elles sont déjà fortement présentes dans le potager, utilisez de la prêle en décoction, et de la bouillie bordelaise en dernier recours.
La récolte
Très facile ! On récolte au fur et à mesure des besoins en commençant par le bas de la plante ; il est recommandé d’éliminer les feuilles jaunies au passage. La quantité moyenne par pied se situe autour de 40 avec des écarts importants : un pied peut porter plus de 80 choux.
La culture en pot
Elle est tout à fait possible, avec toutefois quelques précautions : prévoyez un tuteur pour la plante, évitez la coupelle sous le pot pour éviter les risques d’asphyxie racinaire, augmentez un peu les apports d’engrais (3 à 4 pulvérisations foliaires d’engrais à base d’algues par saison).

(1) La plupart des légumes apprécient un sol neutre, vous pourrez donc cultiver à cet endroit d’autres légumes que les choux.
(2) À partir des variétés non hybrides, il est possible de faire ses graines. Bien sûr, il y a bien d’autres raisons de les choisir, notamment celles que nous donnent nos amis de Kokopelli !

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