Les secrets de l’équilibre acido-basique

Le maître-mot de la santé est équilibre. Ainsi notre organisme fonctionne-t-il au mieux lorsque les substances acides et basiques, qui entrent dans la composition des tissus organiques et des liquides intra- et extra-cellulaires, sont présentes en quantités égales.

C’est ce qu’on appelle l’équilibre acido-basique. Le maintien de l’équilibre acido-basique dépend d’une bonne hygiène de vie, qu’il n’est pas toujours évident de respecter dans nos sociétés modernes. Dès lors que la rupture de cet équilibre, si important d’un point de vue biochimique, prend un tour chronique, les conditions sont réunies pour l’apparition de nombreux troubles de santé que le médecin allopathe traitera en « surface », sans percevoir qu’ils résultent en fait d’un déséquilibre acide–base.

Un équilibre fragile

L’équilibre acido-basique est assuré par un ensemble de systèmes régulateurs (systèmes-tampons, échanges d’ions, ventilation pulmonaire, élimination rénale des acides). Hélas, le mode de vie moderne (alimentation acidifiante, stress, sédentarité, manque de sommeil) met à mal cet équilibre, amplifiant à l’excès la tendance naturelle de l’organisme à produire des substances acides. En effet, l’activité métabolique entraîne la production incessante de déchets acides. Lorsque les déchets s’accumulent au point de dépasser les capacités des systèmes régulateurs, l’organisme se protège en stockant ces substances indésirables dans les tissus conjonctifs, qui ont été appelés ainsi parce qu’ils joignent les organes entre eux. L’hyperacidité tissulaire chronique qui en découle n’est pas sans conséquences fâcheuses sur la santé.

Citons-en quatre parmi les plus dommageables :

  • Irritation des tissus, se traduisant fréquemment par des inflammations articulaires, des tendinites…
  • Diminution de la densité osseuse : pour neutraliser l’excès d’acides, l’organisme est obligé de piller ses réserves basiques tissulaires, en particulier le calcium et le magnésium des os, majorant ainsi grandement le risque d’ostéoporose.
  • Irritation et stimulation du système nerveux orthosympathique, se traduisant par une sécrétion excessive d’hormones adrénergiques à l’origine d’un épuisement progressif des glandes surrénales (plus grande fatigabilité, plus grande sensibilité à la douleur).
  • Ralentissement des réactions enzymatiques. Les enzymes sont des substances protéiniques présentes dans chaque cellule du corps. Elles facilitent et accélèrent (« catalysent ») les réactions biochimiques. Pour vous donner une petite idée, une réaction qui spontanément demanderait des jours ou des semaines se déroule en quelques fractions de seconde grâce aux enzymes ! Or le pH exerce une grande influence sur l’activité enzymatique, en ce sens que les enzymes ne demeurent fonctionnelles que dans une certaine limite de pH.

La vérification de l’équilibre acido-basique s’effectue par la mesure du pH de trois liquides organiques : le sang, la salive et l’urine. Le pH (ou potentiel d’Hydrogène) est l’unité de mesure du degré d’acidité ou de basicité d’une solution.

L’échelle de mesure commence à 0, milieu extrêmement acide, et se termine à 14, milieu extrêmement basique (alcalin).

Pour prendre un exemple, la valeur-référence du pH urinaire est 6,8, selon la Bioélectronique de Vincent. Plus on descend en dessous de ce chiffre, plus l’urine contient d’acides métaboliques, témoignant ainsi de l’existence d’un excès d’acidité tissulaire potentiellement préjudiciable à la santé.

De multiples répercussions sur la santé

Voici une liste non-exhaustive de symptômes et de pathologies pouvant résulter ou être aggravés par l’acidification chronique du terrain : rhumatismes, tendinite, décalcification, ostéoporose, manque d’énergie, tendance dépressive, frilosité, mains moites ou froides, sommeil agité, cauchemars, palpitations, hyperémotivité, hypertension, crampes, spasmes musculaires, douleurs musculaires diffuses, torticolis, sciatique, névralgie, gencives enflammées et sensibles, digestion lente, régurgitations, insuffisance hépatique, calculs rénaux, goutte, constipation, hémorroïdes, brûlures rectales/urinaires, candidoses intestinales/vaginales, eczémas secs, plus grande sensibilité aux infections, en particulier de la zone O.R.L. (rhinites, sinusites, otites, angines…).

À RETENIR : l’hyperacidité tissulaire chronique se retrouve fréquemment associée à un terrain stressé spasmophile déminéralisé arthritique.

Cancer et potentiel acido-basique

La Bioélectronique de Vincent nous apprend, d’une part, que le pH représente le facteur magnétique et la capacité énergétique du milieu et, d’autre part, qu’à une urine trop acide témoignant d’une acidose tissulaire correspond une alcalose sanguine.

MESURE DU pH URINAIRE

Pour obtenir une bonne « photographie » du degré d’acidité de son organisme, la solution la plus aisée à mettre en oeuvre consiste à mesurer le pH urinaire à l’aide de bandelettes (« papier réactif pH ») vendues en pharmacie ou en magasin bio. Contrôler les variations du pH urinaire matin, midi et soir pendant une semaine minimum. Ne pas tester la première miction du matin.

À savoir : on trouve dans le commerce des compléments de minéraux, les « citrates alcalins » qui permettent, en à peine 48 heures, de corriger un pH urinaire excessivement acide, mais il ne s’agit là que d’une action purement symptomatique.

Les minéraux utilisés (citrate de calcium, magnésium, potassium…) se retrouvent rapidement au niveau des reins, où ils « tamponnent » effectivement l’acidité, mais pas dans les tissus où ils devraient être métabolisés. Un terrain acidifié n’est donc pas redressé comme par enchantement par la simple prise temporaire de citrates alcalins. Une réforme de son hygiène de vie s’avère incontournable si l’on veut véritablement éliminer les facteurs qui concourent à acidifier le corps.

Ai-je tendance à m’acidifier ?

Voici un test destiné à vous aider à évaluer dans quelle mesure votre terrain est acidifié. À chaque fois que la description vous correspond, notez le nombre de points indiqué, puis faites le total.


Total des points inférieur à 6 = faible tendance à l’acidification tissulaire
Total des points entre 6 et 12 = tendance confirmée
Total des points supérieur à 12 = votre organisme est acidifié
Test extrait de l’ouvrage de poche : Terrain acidifié – petit manuel de détoxication acido-basique de Jacques Fontaine, naturopathe suisse (Éd. Jouvence)

Ce qui favorise l’acidification du terrain

ALIMENTATION
– Excès d’aliments acidifiants (viandes, fromages, céréales, sucreries…)
– Excès de sel
– Insuffisance d’aliments alcalinisants (fruits, légumes, aromates, algues…)
– Tabac, café, alcool
– Sous-oxygénation
– Stress, surmenage, manque de sommeil
– Mauvaise élimination des acides par les reins et la peau
– Subcarences en certains micro-nutriments tels que magnésium, potassium, zinc ou vitamines du groupe B (notamment B3, B5 et B6). Selon une étude américaine de 2001, ce sont les personnes consommant le plus de fruits, légumes, magnésium et potassium qui présentent la meilleure densité osseuse.

Comment combattre l’acidification ?

Voici 9 recommandations pratiques qui vous aideront à rétablir votre équilibre acido-basique :

  • Adopter une alimentation « bio », à dominante végétarienne, accordant la part belle au cru.
  • Composer ses menus en équilibrant les apports acides/bases. Par exemple, préférer poulet/légumes verts à poulet/riz ou poisson/pommes de terre à poisson/riz.
  • En cas de consommation insuffisante de légumes, prendre l’habitude de boire un verre de jus de légumes au début du repas.
  • Faire en sorte que le repas du soir soit le plus léger possible, afin de ne pas surcharger l’organisme. En effet, c’est principalement au cours de la nuit que le corps se nettoie, se désacidifie.
  • Entreprendre régulièrement des cures de jus d’herbe d’orge. Ce concentré alimentaire super-alcalinisant se consomme de préférence le matin, à jeun, ou au moins 20 mn avant un repas.
  • Boire suffisamment d’eau pure faiblement minéralisée entre les repas, afin de faciliter le drainage des déchets métaboliques.
  • Entreprendre des cures de dépuration au printemps et à l’automne, en y incluant notamment la prise d’aubier de Tilleul sauvage du Roussillon, afin de faciliter le drainage de la sphère hépato-rénale. Les reins s’occupent des acides forts (acides urique, sulfurique, phosphorique…). Le foie, lui, prépare le travail rénal.

Pour aider le foie :

  • Macérât concentré de jeunes pousses de Romarin. 5 gouttes 2 à 3 fois par jour, en même temps que les ampoules d’aubier de Tilleul.
  • Une autre formule intéressante consiste à prendre 40 gouttes de teinture-mère de Livèche 3 fois par jour dans de l’eau minérale riche en bicarbonate de calcium (comme la Salvetat, par exemple).
  • Le recours aux enzymes fermentées en cascade est également souhaitable pour qui veut netoyer son terrain en profondeur, mais à condition de procéder à une cure de longue durée (3 mois).
  • S’activer physiquement quotidiennement. Éviter les exercices physiques brutaux car ceux-ci provoquent une grosse production d’acides métaboliques. Privilégier les exercices physiques d’endurance (marche rapide, jogging, vélo…), en veillant à rester dans les limites de ses capacités physiques. De grandes quantités d’acides volatils, en particulier l’acide carbonique, sont éliminés par les poumons.
  • Apprendre à mieux respirer, à mieux gérer le stress, et ne pas se coucher trop tard, sachant que l’essentiel de l’activité de nettoyage de l’organisme s’effectue la nuit.

Une illustration saisissante de cette relation entre pH et activité enzymatique : le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) s’attaque aux cellules du système immunitaire, au sein desquelles il se multiplie. Dans certaines d’entre-elles (les macrophages), il forme des stocks difficilement accessibles aux traitements antiviraux. Une étude publiée en 2007 par des chercheurs du CNRS, de l’Institut Curie et de l’Institut Pasteur, apporte une réponse sur la façon dont le virus s’y prend pour empêcher les macrophages infectés de le détruire. Ils ont en effet découvert que le virus disposait d’une étonnante capacité, celle de modifier le pH des compartiments cellulaires dans lesquels il s’accumule… mettant ainsi hors course les enzymes chargées de le dégrader.

Pour en apprendre plus sur la relation entre alimentation et acidification et bénéficier d’une série de conseils alimentaires appropriés, se reporter à l’article d’Anne Dufour paru dans le n° 83 de Belle-Santé.

OÙ TROUVER LES PRODUITS MENTIONNÉS ?
– Jus d’herbe d’orge : en magasin bio
– Aubier de tilleul sauvage du Roussillon : en magasin bio
– Macérât mère de jeunes pousses de Romarin (gemmothérapie) : en magasin bio
– Teinture mère Levisticum officinale (Livèche) : en herboristerie/pharmacie
– Enzymes fermentées en cascade : un seul produit de ce type existe sur le marché : le Régulat. À commander directement chez Régulat France au 0 810 121 619.

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