Oméga 3 DHA, l’amie du cerveau

L’acide docosahexaénoïque (DHA) est une « bonne graisse », plus précisément un acide gras poly-insaturé de la famille des oméga 3. Cette famille comprend également l’acide alpha-linolénique (ALA), chef de file de la lignée oméga 3, et l’acide eicosapentaénoïque (EPA), un dérivé de l’ALA, au même titre que le DHA.

Le DHA fait-il partie des acides gras dits « essentiels » ?

À proprement parler, non, mais dans les faits, on peut quasiment dire oui ! Au sein de la famille des oméga 3, seul l’ALA est considéré comme un acide gras essentiel parce que le corps humain n’est pas en mesure de le synthétiser (1). Par contre, l’organisme est capable de fabriquer du DHA, à cette réserve près que seul un très faible pourcentage de l’ALA parvient à être transformé en EPA et DHA. De plus, il a été démontré qu’une supplémentation en ALA (de l’ordre de 2 à 3 g par jour) ne se traduisait pas par une augmentation des niveaux de DHA.

(1) Les principales sources d’ALA à notre disposition sont certaines huiles végétales (colza, noix, soja, lin, cameline, chanvre, périlla…), les noix, les graines de lin, ainsi que le pourpier, la mâche ou les jeunes pousses d’épinard.

Les apports directs réguliers en DHA

Ils s’avèrent donc indispensables, et plus particulièrement à certaines périodes de l’existence  : grossesse, période d’allaitement, petite enfance, troisième âge. Le DHA est une substance nécessaire au développement et au fonctionnement du cerveau. C’est pourquoi il est également appelé acide cervonique. La masse sèche du cerveau est composée de 60 % de lipides. À lui seul, le DHA représente le tiers de cette masse sèche. Le contenu du cerveau en DHA augmente de 20 fois pendant le dernier trimestre de gestation ! Plus le neurone est riche en DHA, plus le cerveau a la capacité de se développer et de bien fonctionner.

Les besoins de la femme enceinte

Les besoins en DHA de la femme enceinte ET allaitante sont importants. Songez qu’entre zéro et un an, le cerveau du nourrisson triple son poids de naissance ! Les femmes ayant des réserves en DHA déjà faibles au moment de la grossesse sont davantage exposées au risque de pré-éclampsie (2) et de dépression post-partum. Un accouchement prématuré n’est pas non plus à exclure. Chez l’enfant, une carence en DHA risque de se traduire par un retard de maturité cérébrale et une altération des fonctions visuelles (le DHA représente jusqu’à 97 % des graisses oméga 3 de la rétine ).

(2) Complication de la grossesse survenant au cours du troisième trimestre, caractérisée par une hypertension artérielle, la présence de protéines dans les urines et le développement d’œdèmes.

DHA et cerveau

Le DHA peut-il contribuer à protéger le cerveau du vieillissement et des maladies neuro-dégénératives ?

Le DHA est un constituant majeur des membranes neuronales. Il apporte la fluidité membranaire nécessaire aux cellules nerveuses pour que les impulsions électriques puissent circuler facilement dans les circuits cérébraux. Son action positive sur la mémoire, la concentration, est avérée. Or, le vieillissement cérébral s’accompagne d’une baisse du taux de DHA dans le cerveau. Cela n’est donc pas sans conséquence sur la santé cérébrale. Des carences prolongées en DHA augmenteraient ainsi la vulnérabilité vis-à-vis d’affections neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

Bon à savoir : une supplémentation en oméga 3, et plus particulièrement en DHA, aide à diminuer les dégâts neuronaux provoqués par une attaque cérébrale.

OMÉGA 3 DHA

RÔLES– Développement du cerveau et de la rétine
– Protection du cerveau contre le déclin cognitif et les affections neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson)
– Protection des fonctions visuelles, protection contre la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge)
– Protection cardio-vasculaire, prévention de l’arythmie cardiaque
– Participation à la formation des spermatozoïdes ainsi qu’à leur motilité
– Contribution à l’activité des glandes surrénales.
SIGNES DE DÉFICIENCE– Retard de croissance
– Désordres comportementaux (enfants hyperactifs ou présentant des troubles de l’attention)
– Mauvaise coordination
– Difficultés d’apprentissage
– Paresthésie – Troubles visuels
– Pré-éclampsie
– Dépression post-partum.
SOURCES ALIMENTAIRESPrincipalement poissons gras : saumon, espadon, thon, truite, flétan, maquereau, sardine, hareng, morue, anchois (sans sel), bar, lieu noir…

Nota bene : attention aux poissons de grande taille (thon, espadon…), susceptibles de concentrer dans leur organisme des dérivés du mercure. Les femmes enceintes et allaitantes les consommeront donc avec modération et se reporteront sur les petits poissons gras (maquereaux, sardines…)(3).

(3) Une étude épidémiologique réalisée à partir de données provenant de divers endroits de la planète a révélé que les pays où l’on consomme beaucoup de poisson ont les plus bas taux de dépression post-partum, alors que les pays où l’on consomme peu de poisson en ont les taux les plus élevés.

Comment s’y retrouver parmi tous les suppléments en DHA ?

Faisons un rapide tour d’horizon des différents types de produit actuellement disponibles sur le marché. On peut commencer par mentionner les produits intégrant du « DHA Gold oil » à leur formule. Le DHA Gold oil est une huile concentrée en DHA extraite d’une micro-algue au nom imprononçable : Schyzochytrium SP.

Plus connus, plus répandus, les compléments alimentaires à base d’huiles de poisson spécialement enrichies en DHA.

Dans la catégorie excellence, attardons-nous maintenant sur deux produits uniques en leur genre : Vectomega (Laboratoire Le Stum) et DHA 2 (Laboratoire Daro Plantes).

Vectomega est confectionné à partir de têtes de saumon dont on extrait une huile naturellement riche en DHA. De plus, il s’agit de DHA se présentant sous la forme de phospholipides, c’est-à-dire sous la forme la mieux assimilable par l’organisme. Enfin, le process de fabrication du produit permet d’éviter l’emploi de solvants organiques. Vectomega intéressera adultes et seniors en vue de prévenir le déclin cognitif ou, plus simplement, pour optimiser la santé cérébrale (faculté de concentration, mémoire). Il permettra également de réduire la fatigue visuelle.

Venons-en au second produit : DHA 2. Que contient-il ? De la poudre de jaune d’œuf enrichi en DHA. Là aussi, le DHA se présente sous la forme de phospholipides. DHA 2 paraît particulièrement indiqué aux femmes enceintes et allaitantes. Petite explication : les suppléments en DHA provoquent en général une diminution des taux d’acide arachidonique (AA) dans le corps humain. Cet acide gras appartient à la famille des oméga 6. Habituellement, cela ne pose aucun problème dans la mesure où l’alimentation actuelle a tendance à apporter trop d’oméga 6 par rapport aux oméga 3. Cependant, il faut savoir que l’acide arachidonique joue un rôle tout aussi crucial que le DHA dans une grossesse réussie. Il agit sur les paramètres de croissance du bébé : poids, taille, périmètre crânien, etc. D’où la recommandation faite aux femmes non allaitantes de donner à leur nourrisson un lait maternisé contenant à la fois de l’acide arachidonique et du DHA, et au moins autant d’acide arachidonique que de DHA. Or, il s’avère qu’une supplémentation en DHA 2 présente l’avantage non négligeable d’augmenter sensiblement le taux de DHA, tout en maintenant ou même en augmentant légèrement celui de l’acide arachidonique. Pour que bébé tire pleinement bénéfice de cette supplémentation, il est souhaitable de la démarrer avant le troisième trimestre de grossesse. Toujours à propos de DHA 2, à noter que ce produit possède une autre particularité, celle de diminuer nettement les symptômes d’insuffisance respiratoire. Le DHA phospholipide de DHA 2 permet d’accroître la plasticité des globules rouges qui se chargent davantage en oxygène, ce qui améliore la capacité respiratoire.

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