Varech (Fucus vesiculosus), l’algue minceur

Chez vous, bains d’algues et gélules de fucus soulageront vos jambes lourdes et vous aideront à mincir.

Le varech vésiculeux, Fucus vesiculosus en latin, préfère les eaux froides et pousse sur les côtes de l’Océan Atlantique, de la Manche et du Pacifique Nord. Cette algue verte, qu’on appelle aussi chêne marin ou goémon, peut atteindre un mètre de long et brunit en séchant. Ses feuilles (ou thalles) sont aplaties, ramifiées et portent des petites vésicules remplies d’air qui lui servent de flotteur. Les enfants s’amusent à les faire éclater entre deux doigts. L’algue s’accroche aux rochers des faibles profondeurs par des sortes de crampons. Emportée par les marées ou les courants, elle s’entasse sur les plages. Les algues rejetées par la mer sont ramassées pour être transformées en engrais. Celles qui sont utilisées pour les compléments alimentaires, les bains ou les cosmétiques, sont récoltées en été, pendant la période de fructification, par des chalutiers.

Il existe une algue fort proche, l’Ascophyllum nodosum, que l’on distingue du Fucus vesiculosus principalement par la disposition des vésicules. Mais les deux espèces possèdent des composants et des propriétés médicinales tout à fait comparables. Il arrive même qu’elles soient mélangées toutes les deux et vendues sous la seule appellation de « Fucus », ce qui ne présente aucun inconvénient.

Une plante « historique »

Les Romains soignaient leurs douleurs articulaires par l’application de cataplasmes de varech.

Au XVIIIème siècle, on l’utilisait pour soigner les maladies de peau et l’asthme.

C’est au XIXème siècle, avec la découverte de l’iode et les travaux de Duchesne-Duparc sur l’assimilation des graisses par le varech, que l’algue acquiert ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, il n’existe pas un centre de thalassothérapie qui n’offre des bains ou des cataplasmes d’algues contre les oedèmes, les rhumatismes et la cellulite.

Avant tout une plante de la minceur

Très riche en oligo-éléments, notamment en iode, brome, sodium, magnésium, fer, silice, calcium, le varech est aussi une source importante d’acides aminés et de vitamines C, B1 et E. Cet équilibre en oligo-éléments marins — il faut savoir que les proportions des différents oligo-éléments de l’eau de mer sont comparables à celles de l’organisme humain — a un effet stimulant et fortifiant, effet indispensable lors d’un régime souvent fatigant. De plus, l’apport en iode stimule la production d’hormone thyroïdienne, ce qui favorise l’élimination des graisses.

Le varech contient des alginates et de la laminarine (substance contenue aussi dans les algues laminaires) qui forment des solutions « colloïdales » ou mucilages, d’aspect épais et visqueux. Ces mucilages jouent un double rôle : d’une part, ce sont de véritables coupe-faim, donnant à l’estomac une impression de satiété ; d’autre part, tout comme les fibres alimentaires, ils favorisent le transit intestinal.

Ainsi, on peut affirmer que le varech vésiculeux, par sa triple action sur les graisses, la faim et le transit, reste l’un des meilleurs aides minceur.

En externe, pour les problèmes de peau et la cellulite

Le varech contient, en plus des constituants aux propriétés amincissantes que nous venons de voir, des polyphénols à activité antibiotique et d’autres constituants aux propriétés cicatrisantes. Bien que certains médecins doutent de l’efficacité du varech en interne comme en externe, des études scientifiques italiennes ont récemment démontré l’efficacité des enveloppements de varech pour lutter non seulement contre les problèmes dermatologiques (psoriasis notamment) mais aussi contre les rhumatismes et la cellulite. D’ailleurs, si les centres de thalassothérapie n’avaient pas de bons résultats, ils ne seraient certainement pas aussi florissants. En frottant régulièrement ses cuisses et ses fesses avec une poignée de varech, on note même l’atténuation du phénomène de peau d’orange souvent lié à la cellulite.

Les autres indications

Le varech, ou fucus, est d’autant plus efficace qu’on l’utilise à la fois en interne et en externe : en 3 semaines, parfois moins, on note des progrès certains dans la perte de poids, la diminution de la cellulite mais aussi dans bon nombre d’autres affections (parfois liées à des problèmes de surpoids) :

  • rhumatismes et douleurs articulaires ;
  • mauvaise circulation ;
  • fatigue ;
  • problèmes digestifs ou hépatiques.

Le varech ne travaille pas à votre place

Le varech étant stimulant, il peut aussi ouvrir l’appétit. Si vous ne faites pas attention à votre alimentation, vous pouvez très bien immédiatement compenser ce que vous perdez ! N’attendez pas tout des bains et des gélules de varech sans rien entreprendre à côté. Il est évident qu’il faut aussi respecter quelques grandes règles de base : ne pas grignoter entre les repas, ne pas manger de fruits ou de yaourt au moment des repas, s’interdire les sucres raffinés et les édulcorants, limiter les calories en général, faire un peu d’exercice physique, boire des tisanes ou de l’eau…

Préparez-vous un « programme » raisonnable : logique alimentaire (avec éventuellement l’aide d’un médecin nutritionniste), plantes, sport… écrivez-le et suivez-le scrupuleusement.

Comment l’utiliser

Certes, le varech sous forme séchée puis réhydratée soit dans l’estomac soit dans le bain perd un peu de ses propriétés, notamment dues à sa richesse en vitamines. Mais, à moins d’habiter au bord de la mer, il n’est pas facile de manger du varech en salade ou de se faire des cataplasmes d’algues fraîches.

Reste donc, en interne, les gélules, comprimés ou extraits liquides et, en externe, les préparations que l’on trouve dans les centres de thalassothérapie, en boutiques diététiques ou en pharmacies.

Il existe aussi du fucus séché, que l’on prépare en décoction : c’est particulièrement mauvais à avaler.

  • décoction : 20 à 30 g par litre d’eau. Laisser bouillir. Boire 2 à 4 tasses par jour (beurk !) ;
  • teinture mère (en pharmacie ) : 20 gouttes le matin et avant le repas de midi ; à avaler « cul sec », diluées dans un peu d’eau ;
  • gélules, comprimés, ampoules, sirop : suivre les conseils du fabricant ;
  • en externe : cataplasmes d’algues fraîches seules ou mélangées à du son, décoctions sur des compresses ou préparations du type Alg Essences, à utiliser dans le bain : aucun risque de boucher le siphon, les algues sont contenues dans un sachet de toile.

Bains et cataplasmes

  • Dans une baignoire dont vous avez protégé l’évacuation avec une passoire retournée sur la bonde, versez de l’eau tiède sur 1 à 5 kg d’algues fraîches, rincées à l’eau de mer si vous les avez ramassées après une marée. Pour les algues sèches, il suffit de 300 g.
    Les premiers jours, mijotez seulement une dizaine de minutes, puis augmentez progressivement la durée de votre bain d’algues quotidien jusqu’à une demi-heure.
    Massez les parties atteintes (articulations, cellulite, dermatose…) en frottant doucement avec les algues.
  • Pour les cataplasmes, il suffit d’appliquer une couche d’algues (avec éventuellement de l’argile et/ou du jus de citron) et de laisser agir pendant 20 minutes.

Dans tous les cas, rincez-vous à l’eau tiède sans savonner.

Terminez par l’application d’un lait hydratant ou un massage de tout le corps avec la recette suivante : une cuillérée d’huile d’olive (ou de noisette ou de jojoba) et 3 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé (ou de romarin ou de cyprès ou de genévrier ou de citron) selon votre goût.

Quelques contre-indications

Les bains et les cataplasmes d’algues sont déconseillés quand les dermatoses sont suintantes, et dans les cas de tuberculose, problèmes cardiaques, hyperthyroïdie, inflammations aiguës et maladies infectieuses graves.

Dans le cas d’hypertension, préférez une cure de thé vert. En augmentant l’activité thyroïdienne, on augmente aussi les risques de palpitations et d’insomnies.

Le varech est donc déconseillé aux personnes qui souffrent de l’un ou l’autre de ces symptômes.

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