Le cynorrhodon, aide anti-fatigue

En grec, Kinorrhodon signifie « la rose des chiens », car la racine de l’églantier était censé guérir la rage. Ces propriétés qui n’ont pas été prouvées par la science moderne ont vite été oubliées pour d’autres vertus, bien plus probantes.
Un excellent fruit pour retrouver la forme
Surnommé poil-à-gratter ou gratte-cul par les enfants, le cynorrhodon est l’un des fruits les plus riches en vitamine C (avec l’argousier et l’acérola).
Il est aussi constitué de vitamines A, B1, B2, E, K, PP, de tanins, de pectine, de glucose, de résine… ce qui en fait un fortifiant de choix. Astringent, diurétique, fortifiant, antiscorbutique, antiseptique, le cynorrodhon bénéficie d’une réputation exceptionnelle partout en Europe… sauf en France où l’on commence à le redécouvrir. On le conseille en cas de carence en vitamines, de problèmes de croissance ou de fatigue. C’est aussi un bon régulateur digestif et un excellent diurétique qui en fait un allié privilégié lors de régimes amincissants, souvent fatigants.
Principales utilisations :
- Frais, crus, broyés et mélangés avec du lait de chèvre ou macérés dans du vin rouge (filtrer) : fatigue physique ou intellectuelle intense, grippe, rhumes…
- Frais et crus : vermifuge. À utiliser raisonnablement pour ne pas irriter l’estomac. En évitant d’avaler le poil à gratter.
- Frais, en infusion : rhumes, problèmes urinaires, transit intestinal… Compter environ 30 baies coupées par litre d’eau à laisser infuser 5 minutes. Filtrer. Au moins 3 tasses par jour.
- Frais, en confiture : fatigue physique ou intellectuelle intense, grippe, rhumes…
- Sec, en décoction : grippe, fièvre… (environ 30 g par litre d’eau à laisser bouillir 5 minutes à petit feu). Filtrer. Au moins 3 tasses par jour.
- Sec, en farine (fruits séchés broyés) à mélanger à de la farine de blé : fatigue physique ou intellectuelle intense, grippe, rhumes…
AUTRES BONS TRUCS CONTRE LA FATIGUE
– À chaque fois que vous sentez monter le stress ou venir la fatigue, respirez profondément une dizaine de fois, fenêtre ouverte, ou bien étendez-vous sur le dos deux à trois minutes, bras le long du corps.
– En cas de nervosité, stress ou insomnie, la relaxation, le yoga et autres techniques de gymnastique douce peuvent être très utiles.
– Évitez tous les hypnotiques et anxiolytiques qui procurent le sommeil et calment le stress au prix d’une fatigue physique et intellectuelle accrue.
– Pensez à votre équilibre alimentaire en augmentant votre ration de sucres lents (riz, pâtes, pain…) et en privilégiant petit-déjeuner et déjeuner.
– Respectez une bonne hygiène de vie avec des horaires réguliers, un temps de sommeil suffisant et la pratique d’un ou plusieurs exercices physiques (marche, vélo, jogging et autres sports d’endurance par exemple), vingt minutes au moins deux fois par semaine.
– Certaines plantes peuvent aussi vous aider à chasser les coups de pompe : le guarana, le shiitaké, l’éleuthérocoque, le ginseng, le tribulus, la maca…
– La gelée royale, qui permet à la reine des abeilles de vivre 40 fois plus longtemps que ses congénères, est également remarquable lorsqu’on l’utilise fraîche (un gramme chaque matin en cure d’un à trois mois).
– Enfin, n’hésitez pas à vous gorger de fruits de saison (pommes, pêches, fraises…) et d’agrumes (oranges, citrons, pamplemousses). Ce sont d’excellentes sources de vitamines et oligo-éléments.
La cueillette
Vous cueillerez les cynorrhodons à partir d’ octobre, mais les connaisseurs recommandent d’attendre les premières gelées car la pulpe devient plus tendre, plus juteuse, plus sucrée. Dans tous les cas, on fera attention de bien filtrer les préparations pour ne pas avaler le « poil à gratter », irritant pour le tube digestif !
Le père des roses
De la famille des rosacées, l’églantier est à l’origine des roses de nos jardins. L’églantier, qui peut atteindre plusieurs mètres, existe sous plusieurs dizaines de variétés, dont la plus connue est la Rosa Canina. Dans tous les cas, les fleurs, toujours composées de 5 pétales et lar- gesde2à7cm,vontdublancaurose, parfois taché de rouge vif.
Les pétales et les feuilles
Vous cueillerez les pétales de fleurs, en boutons, en juin-juillet. Quant aux feuilles, vous préférerez les plus jeunes. Les pétales et les feuilles sont légèrement diurétiques et toniques : bien d’ autres plantes notamment la rose rouge de Provins sont plus efficaces dans ces cas-là.
- Les pétales d’églantine mélangés à du miel d’acacia sont une gourmandise délicate et… doucement laxative.
- En infusion, les pétales peuvent soulager les problèmes urinaires.
- Dans une tisane, ils peuvent être associés aux fleurs de bruyère, de lavande, de sarriette ou bien encore aux feuilles de myrtilles.
- En Provence, on écrase une poignée de pétales dans une fois leur poids de miel pour obtenir un laxatif doux : 3 à 4 cuillerées le matin puis dans la journée, loin des repas.
UNE SEULE CONTRE-INDICATION : LES POILS
Il est préférable d’éliminer les poils ou akènes qui sont en fait les graines contenues dans le fruit. D’une part, ils peuvent être irritants pour le tube digestif. D’autre part, à hautes doses, ils peuvent parfois provoquer des troubles indésirables car ils sont neurotoxiques : agitation et euphorie puis torpeur.
Mais pas de panique, il n’y a jamais eu d’accident grave : au point que la monographie de la Commission Européenne précise : « Risques non connus ».
De toute façon, les recettes sont meilleures quand on enlève les poils en filtrant jus, infusions, sirops et décoctions.
Le bédégar
Cette galle rougeâtre, en touffe chevelue, appelée aussi éponge d’églantier, se multiplie sur certaines tiges (après le passage d’une sorte de guêpe). Jadis, on en mettait dans les oreillers pour lutter contre les insomnies ou favoriser les rêves prémonitoires. C’est à la fois un somnifère et un tonifiant, un sédatif et un cicatrisant. On l’utilise séché et macéré dans du vin rouge, à boire à raison d’un petit verre avant les repas. On peut aussi en faire des gargarismes pour lutter contre les maux de gorges. La décoction concentrée, appliquée sur une plaie avec une compresse, accélère la cicatrisation.
La racine
C’était elle que les Anciens utili- saient pour soigner la rage. Aujourd’hui, cette terrible maladie ne risque pas de vous atteindre, alors inutile d’aller grignoter des racines d’ églantier.
Les bourgeons
En infusion ou en macération, les bourgeons d’églantier sont réputés soigner les migraines, les allergies et les problèmes de circulation cérébrale (et, par conséquent, certains acouphènes). En gemmothérapie (lire Belle Santé N° 48), le macérat glycériné d’ églantier (Rosa canina 1DH) est un remède majeur, utilisé pour les rhinopharyngites à répétition, eczémas, otites, amygdalites, furonculoses. On le donne toujours en association avec Ribes nigrum 1 DH. Les 2 remèdes sont dilués dans un verre d’eau, deux fois par jour, à raison d’une goutte par kilo de poids chacun. Enfants (même tout-petits) et animaux domestiques sont naturellement très réceptifs à ce remède.
LES MACÉRATIONS
Cette méthode d’extraction des principes actifs d’une plante était déjà préconisée il y a 900 ans par Sainte Hildegarde. On utilise généralement du vin rouge. Dans un bocal en verre (qui a contenu du jus de fruit par exemple), on met environ 50 g de plante. On complète avec le vin. On rebouche et on expose au soleil pendant une dizaine de jours. Mais, souvent on ne peut pas attendre car on n’a pas eu la précaution de se préparer des petits remèdes en prévention. Alors on chauffe à feu doux sans bouillir. Ensuite, on filtre et on remplit une bouteille que l’on bouche. La préparation vineuse peut se conserver 3 mois… d’où l’intérêt d’y penser au bon moment. Il existe plus de 3000 principes actifs par plante. Si certains d’entre eux se dissolvent facilement dans l’eau chaude, d’autres ne peuvent être extraits que par l’huile ou l’alcool. L’intérêt de la macération dans du vin, c’est de pouvoir extraire à la fois les principes hydrosolubles et les principes liposolubles. Ceux qui ne supportent pas l’alcool peuvent laisser plus longtemps la macération sur le feu, de sorte que l’alcool s’évapore.
Comment ? Où ?
Les cynorrhodons se trouvent sans difficulté dans la campagne. Et personne ne vous reprochera d’en faire la cueillette. Toutefois, ne les prélevez pas à proximité des zones cultivées, forcément chargées en phytosanitaires : il faut savoir que les produits chimiques se retrouvent à plusieurs centaines de mètres des lieux d’épandage. Il faut compter 5 à 10 baies par tasse.
On trouve de la confiture de cynorrhodon dans les magasins de produits diététiques et les épiceries fines, des baies séchées de cynorrodhon en magasins de produits diététiques, des gélules (si vous ne pouvez pas faire autrement) partout.
Les bourgeons et le bédégar sont plus difficiles à se procurer. Généralement, ils se trouvent dans certaines préparations toutes faites.
Les macérats glycérinés (Rosa canina 1DH) se trouvent dans toutes les pharmacies, dans de nombreux magasins de produits diététiques et par correspondance. Compter 1 goutte par kilo de poids.
Dans votre jardin
Vous pouvez intégrer un ou plusieurs églantiers dans votre haie, puisqu’il est toujours préférable d’avoir une haie composée de plusieurs variétés d’ arbustes. L’églantier s’adapte à tous les sols, même pauvres, même chargés de cailloux. Ses tiges vigoureuses s’ornent, en juin juillet, de délicates fleurs roses. En automne, les fruits ont un bel aspect décoratif. Peu sensible aux maladies, l’églantier ne nécessite aucun entretien, à part une sérieuse taille en hiver. Tous les 2 ans, coupez une partie des racines, ce qui générera des fleurs nombreuses. Installez-le plein sud. Vous pouvez l’utiliser comme porte-greffe car il est compatible avec la plupart des rosiers. Comme vous ne trouverez pas d’églantier chez votre pépiniériste, il vous faudra le prélever sur un talus ou en bordure de forêt, sans oublier de demander l’autorisation au propriétaire du terrain.
Trois solutions :
- Avec une bêche, séparer un bloc de racines sur lequel pousse au moins une tige ;
- En bouturant : coupez des jeunes tiges avec des bourgeons auxiliaires et laisser tremper dans une bouillie de terreau avant de replanter ;
- Par marcottage : courbez une tige pour l’enterrer ; l’année suivante, vous repassez en prélevant la tige qui aura pris racine.
Les autres rosiers sauvages
Pour bénéficier d’une floraison, qui s’étalera du printemps à l’automne, vous pouvez intercaler dans votre haie, avec l’ églantier, le rosier rubigineux (Rosa Rubiginos), le rosier rampant (Rasa Repens), le rosier des Alpes (Rosa Alpina) ou encore le rosier à feuille rouges (Rosa Rubrifolia), le rosier velu (Rosa Villosa) ou le rosier rugueux (Rosa Rugosa). Ce dernier vous donnera de gros fruits que vous dégusterez en gelée.
Recettes de cuisine
La soupe aux baies d’églantier
Juliette M. de Quimper nous a envoyé cette recette, inventée par Tatie Julie, la sœur de son arrière-grand-père.
Ingrédients pour 4 personnes : 800 g de baies d’églantier, 2 litres d’eau de source, 40 g de farine de maïs, 100 g de miel romarin et de la crème Chantilly.
- Lavez les fruits après ôté les queues.
- Cuisez-les à feu doux pendant 3 heures.
- Broyez, filtrez, remettez le liquide obtenu sur le feu en ajoutant le miel.
- Délayez la farine dans un peu d’eau froide et versez en remuant pendant 5 minutes.
- Servez en déposant sur la soupe une cuillerée de Chantilly.
Gelée de cynorrhodons
Dans une bassine si possible en cuivre ou émaillée :
- Faire cuire 3 kg de fruits cueillis après les premières gelées avec 1 kg de pommes reinettes, après avoir versé de l’eau pour juste couvrir.
- Laisser bouillir pendant 1/2 heure.
- Presser, filtrer au maximum (éventuellement avec un tamis à groseilles).
- Chauffer le jus obtenu avec 800 g de sucre par kilo.
- Écumer.
- Verser dans les pots.
Sirop de cynorrhodons
Dans une bassine si possible en cuivre ou émaillée :
- Faire cuire pendant 30 minutes 2 kg de fruits, juste recouverts d’eau.
- Presser et écraser avec une cuillère en bois.
- Filtrer.
- Peser.
- Ajouter un poids de miel égal à la moitié du poids de jus obtenu. (Ou bien un poids de sucre égal au poids du jus obtenu, mais c’est moins bon).
- Cuire à nouveau à feu doux pendant 20 minutes.
À conserver dans des bouteilles bouchées.
Pourquoi s’abonner à Rebelle-Santé ?
