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Et si vous plantiez un argousier ?

Isolé, dans un massif ou une haie, cet arbuste très décoratif fera le bonheur des gourmets et… des oiseaux !

Souvent confondu avec l’arbousier, l’argousier (Hippophae rhamnoides), méconnu dans certaines régions et familier dans d’autres, est un arbuste buissonnant qui atteint le plus souvent 4 à 5 mètres de haut. Rustique, résistant à la sécheresse, peu sensible aux problèmes sanitaires, il pousse assez rapidement et se cultive facilement. Autant d’atouts qui encouragent à mieux connaître cette espèce fruitière originaire des zones tempérées d’Europe et d’Asie.

Un arbuste à découvrir

L’argousier appartient à la famille des Éléagnacées. C’est un arbuste ligneux, épineux, qui forme un buisson plus ou moins dense et haut en fonction du lieu où il se développe. Il présente un feuillage lancéolé gris-vert caduque et, en fin d’été-début d’automne, seuls les pieds femelles se couvrent de baies de couleur orange de 6 à 8 mm de diamètre. En effet, l’argousier est une espèce dioïque : certains plants sont pourvus de fleurs mâles qui fournissent le pollen et qui, en principe, s’épanouissent en avril, un peu avant les fleurs femelles, situées sur des plants différents (sauf pour certaines variétés, appelées autofertiles, qui peuvent être fécondées par leur propre pollen). Les fleurs verdâtres à jaunes donnent une floraison discrète ; la pollinisation peut être réalisée par les insectes et/ou par le vent. Dans tous les cas, la floraison se produit en avril et mai, période où il y a en principe une entomofaune abondante et active (les insectes). La fructification dépend de la présence et de la proximité des pieds mâles et des pieds femelles.

Une espèce peu exigeante

L’argousier est rustique. Il supporte des températures de -15 à -20 °C sans problème. Autre atout : il est résistant à la sécheresse grâce à un système racinaire profond qui explore de grands volumes pour trouver des sols qui soient en permanence légèrement humides. Il développe aussi un réseau de racines superficielles qui favorise son “drageonnement” (développement de rejets souterrains) et la colonisation rapide des lieux.

Pour prospérer, cet arbuste préfère les sols légers, drainés, neutres ou légèrement alcalins, mais s’accommode d’un pH aux alentours de 6. Il a besoin de lumière.

Une espèce pionnière

On parle d’espèce pionnière lorsque les caractéristiques d’une plante lui permettent de s’installer dans des espaces sans végétation, peu végétalisés, arides, dégradés. Elle contribue alors à modifier le milieu (ombre, humidité…) et à l’enrichir (éléments minéraux, matière organique…) pour favoriser l’installation d’espèces plus exigeantes. C’est le cas de l’argousier, qui s’adapte à des conditions écologiques rudes, qui prolifère rapidement grâce à son système racinaire drageonnant et qui a la particularité de vivre en association avec une actinobactérie (actinomycète du genre Frankia), ce qui lui permet de fixer l’azote de l’air. Il peut donc pousser dans une terre pauvre. Au cours de son développement, il va utiliser l’azote pour croître et en rétrocéder une partie au sol, augmentant ainsi la quantité de matière organique présente et l’activité de la faune du sol.

Un arbuste qu’on adopte pour de multiples raisons

  • Pour son effet décoratif : la belle couleur orangée de ses baies et de son feuillage. Ses feuilles lancéolées, avec une face supérieure verte et une face inférieure grise, sont légères et offrent dans le vent de beaux jeux de lumière.
  • Pour produire et récolter des fruits : bons pour la santé qui se consomment de différentes façons (confiture, jus…).
  • Pour lutter contre l’érosion d’un terrain en pente, d’un talus.
  • Pour installer une haie-clôture, car c’est une façon écologique de limiter la circulation des animaux.
  • Pour diversifier une haie et nourrir les oiseaux en hiver, mais attention à l’invasion (voir encadré en fin d’article).
  • Pour installer une haie défensive.
  • Pour réhabiliter un terrain dégradé (zone tassée, zone autrefois construite, friche, zone détruite par un incendie…).

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