Hildegarde de Bingen, une génie de son époque

Cette religieuse a marqué l’Histoire par ses nombreux talents, de la musique à la poésie, en passant par la santé…
Mélanie Schmidt-Ulmann nous fait bénéficier de ses conseils, mis au goût du jour, dans un tout nouveau cahier pratique :
Mon Cahier de remèdes & recettes d’Hildegarde de Bingen.
Hildegarde de Bingen (1098-1179) est sans doute un des personnages les plus fascinants du Moyen Âge. Dixième enfant d’une famille noble de Rhénanie, elle a été confiée dès l’âge de 8 ans au monastère du Disibodenberg où elle a reçu une éducation religieuse et s’est initiée au chant religieux et au latin. En 1136, à la mort de Jutta von Sponheim, religieuse à laquelle ses parents l’avaient confiée, Hildegarde devient la mère supérieure du couvent. À l’époque, même si ce rôle en faisait la gestionnaire de la communauté, que ce soit pour l’organisation du quotidien ou la vie spirituelle, elle restait sous la tutelle de l’abbé du monastère masculin d’à côté. Et ça, Hildegarde n’était pas tout à fait d’accord… Elle s’est battue pendant des années contre les moines masculins de Disibodenberg pour gagner son autonomie, gérant elle-même les finances, le domaine et la vie de sa communauté. Lasse de se battre, elle a décidé, finalement, de prendre son indépendance.
Son propre monastère
En quête d’indépendance, elle a donc quitté Disibodenberg pour fonder son propre monastère féminin à 40 km de là, à Rupertsberg, près de Bingen. C’est durant cette période qu’elle développe son œuvre scientifique (Physica et Causae et Curae), décrivant les plantes, les minéraux et les traitements de santé reposant sur l’harmonie du corps et de l’esprit (Viriditas). Elle compose également plus de 70 pièces de musique sacrée et un drame liturgique. À l’époque, difficile de s’imposer quand on est une femme et Hildegarde est obligée de ruser pour se faire une place dans un monde très masculin. Elle ne nie pas, dans ses écrits, la supériorité théorique de l’homme (difficile de s’opposer à la Bible…), et se qualifie souvent d’indocta (non instruite) ou de « pauvre petite forme féminine », faisant ainsi preuve d’une humilité protectrice. Avec cette stratégie, elle sous-entend que ses textes ne viennent pas d’elle, de son ego, mais directement de Dieu. Et quand c’est Dieu qui le dit… Elle a ainsi montré qu’une femme pouvait maîtriser la théologie, la médecine, la linguistique et la musique à un niveau d’excellence égal, voire supérieur, aux érudits masculins de son siècle.
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