La dysidrose

La dysidrose se manifeste par une éruption de vésicules sur les paumes de main et les plantes de pied.

Le diagnostic de dysidrose est plutôt facile : d’une façon inattendue, les paumes de main et les plantes de pied, de chaque côté, se recouvrent de petites vésicules translucides pareilles à des grains de tapioca et enchâssées profondément dans le derme, pendant que des petites plaques rouges se développent entre les doigts et les orteils. Dans certains cas toutefois, l’atteinte ne concerne que les mains ou que les pieds. Quelle que soit la localisation de la dysidrose, l’ensemble provoque des démangeaisons féroces et douloureuses, parfois insupportables, pareilles à une sensation de cuisson, qui vont d’ailleurs entraîner l’ouverture des vésicules, l’élimination de leur contenu légèrement coloré en jaune et l’apparition de croûtes par la suite. Bien que déconseillée du fait du risque de surinfection des lésions, l’ouverture des vésicules par le grattage provoque le soulagement.

Adulte jeune

Si la dysidrose concerne plutôt l’adulte jeune, elle peut quand même survenir dans le plus jeune âge (4,8 % chez les enfants de moins de 10 ans) et jusqu’à 50 ans. Du fait des facteurs d’exposition, la dysidrose est plus fréquente chez les ouvriers et les ménagères.

Des causes multiples…

La dysidrose connaît de nombreuses causes :

  • Origine psychosomatique.
  • Altération des canaux sudoripares.
  • Allergies diverses (35 et 50 % des cas de dysidrose) : nickel, cobalt, chrome, formaldéhyde, certaines résines, certains parfums, caoutchouc, allergènes végétaux ou alimentaires.
  • Infection cutanée bactérienne.
  • Infection cutanée par un champignon (un tiers des cas) : le trichophyton.
  • Ingestion de baume du Pérou, de conservateurs, de colorants…
  • Utilisation de certains médicaments (antibiotiques de la famille de la pénicilline, produits iodés, aspirine, contraceptifs oraux…).
  • Présence d’une prothèse métallique orthopédique, d’un amalgame dentaire ou d’un tatouage qui vont diffuser à distance certains des métaux qui les composent.
  • Pour autant, le mécanisme physiopathologique exact du déclenchement d’une dysidrose n’est pas encore totalement élucidé.

NICKEL

Les bracelets de montre ou les pièces de monnaie n’ont pas l’apanage du nickel. On en retrouve dans :
– certains aliments : huîtres, margarine, harengs, haricots verts, cacao, thé, petits pois, poires…
– le revêtement des casseroles. Mieux vaut utiliser des ustensiles en émail dès lors qu’on adopte une cuisson longue, a fortiori s’il s’agit d’aliments contenant du nickel ou du baume du Pérou.

BAUME DU PÉROU

Certains produits alimentaires peuvent contenir du baume du Pérou qui va favoriser la dysidrose :
– Glaces et sorbets.
– Agrumes (orange, citron, pamplemousse…).
– Thé parfumé.
– Aliments parfumés (gâteaux, sucreries, chewing-gum…).
– Aliments épicés (cannelle, clou de girofle, vanille, curry…).
– Sodas au cola.

… Et des facteurs favorisants

Certaines situations exposent tout particulièrement à la dysidrose ou à des poussées d’intensité très variable : stress et anxiété, facteurs hormonaux, chaleur, sudation exagérée au niveau des mains et des pieds (la sueur contient des substances favorisant l’inflammation), émotions, effort, tabagisme, professions (boulangers, cuisiniers…), alimentation épicée, utilisation de parfums…. Et lorsqu’elle apparaît sans raison (un tiers des cas), la dysidrose semble plus fréquente en automne et au printemps où elle a tendance à récidiver plus facilement. Les médecins incriminent alors la difficulté à s’adapter aux changements de saison.

Traitement personnalisé

Le traitement comporte d’abord l’éviction de la cause (suppression du nickel, du baume du Pérou…) ou sa cure (antibiotiques en cas d’infection bactérienne, médicaments antimycosiques en cas d’infection par champignon…). Un bilan d’allergie par tests cutanés peut s’avérer nécessaire dans le doute. Si les lésions guérissent spontanément et sans séquelle en 2 à 3 semaines (les vésicules remontent lentement à la surface de la peau et s’ouvrent), on peut hâter la guérison en appliquant des anti-inflammatoires ou des dermocorticoïdes (corticoïdes en application cutanée). Il est habituel également d’y adjoindre un antiseptique, du fait des risques de surinfection des vésicules dont le liquide paraît alors purulent. Efficace, le traitement n’évite pourtant pas les récidives, notamment lorsque la dysidrose est liée au développement d’un champignon. Lorsque la dysidrose est d’origine professionnelle, un reclassement s’impose. Enfin, le port de gants permet d’éviter la plupart des dysidroses d’origine allergique cutanée. Pensez-y !

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