L’absinthe, une plante médicinale majeure, injustement oubliée et stigmatisée

Deux bouteilles en verre avec bouchons en liège contenant des infusions de plantes médicinales jaunes, entourées de fleurs et de plantes aromatiques, sur une table en bois.

L’a « fée verte » (eau-de-vie, NDLR) et ses ravages restent fortement associés à la grande absinthe (Artemisia absinthium), une plante injustement accusée de maux dont elle n’était pourtant pas responsable. Son intense amertume a fini de la disqualifier, à notre époque où une médication se doit d’avoir bon goût. Et pourtant, elle est dotée de nombreuses vertus dont nous pourrions mieux profiter, d’autant que la plante, s’accommodant de sols pauvres et de biotopes variés, est abondante dans notre pays.

De tout temps

L’histoire de l’absinthe a mal commencé, car Apsinthos désigne tout d’abord, dans le livre de l’Apocalypse (8 :10-11), une étoile que l’Éternel précipite dans un fleuve pour punir les humains de leurs turpitudes, rendant l’eau de celui-ci impossible à boire tant elle est amère. Ce qui ne l’a pas empêchée de devenir une plante médicinale majeure depuis les pharmacopées antiques jusqu’aux pharmacopées traditionnelles européennes et asiatiques. Réputée comme un excellent vermifuge (son nom anglais wormwood signifie bois aux vers), elle entre dans la catégorie Semen contra vermis, littéralement « graines contre les vers », dont on use couramment, jusqu’au XXe siècle, et encore de nos jours dans les campagnes. On en administre une petite cuillère de sommités fleuries aux enfants ou aux animaux pour les débarrasser des vers. On remarque aussi des propriétés insectifuges (on la brûle dans les étables pour assainir les lieux), toniques digestives, emménagogues (« qui fait revenir les règles »), voire abortives à forte dose. Elle a donc été largement utilisée pendant des siècles, et accompagnait même les militaires français dans leurs campagnes de colonisation pour lutter contre les infestations digestives diverses.

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