L’alopécie, une maladie à s’arracher les cheveux

Des cheveux qui tombent par poignées et sans raison ? C’est peut-être une alopécie, une maladie parfois génétique qui touche les cheveux et les poils.
L’affaire a fait le tour du monde : en mars dernier, en pleine 94e cérémonie de remise des Oscars du cinéma, l’acteur américain Will Smith avait publiquement giflé le présentateur de l’émission qui s’était permis de se moquer de la femme de l’acteur, privée de cheveux depuis quelques années pour cause d’alopécie. Une gifle qui a permis de mettre un coup de projecteur sur cette pathologie dermatologique extrêmement mal vécue dès lors qu’elle touche une femme, jeune a fortiori. On ne peut parler de maladie rare, tant cette pathologie est fréquente.
C’est quoi au juste ?
L’alopécie correspond à une perte de cheveux, totale ou partielle (qu’on appelle alors « pelade »), qui peut également concerner les poils du corps, de la barbe, les cils, les sourcils et même les ongles. Un cuir chevelu normal comporte entre 100 000 et 150 000 cheveux, pour une perte quotidienne normale inférieure à 100 cheveux, mais qui peut varier selon les saisons. On parle d’alopécie au-delà d’une perte de 100 cheveux par jour.
Des alopécies secondaires
Plutôt qu’au singulier, on devrait plutôt parler des alopécies. Car il existe plusieurs types d’alopécies d’origines différentes, qui nécessitent chacune un abord thérapeutique bien spécifique :
- L’alopécie localisée dite « cicatricielle ». Les follicules pileux ont été détruits par traumatisme (plaie, brûlure…), infection, lupus, tumeur, teigne… Cette alopécie ne touche donc qu’une petite partie du cuir chevelu.
- L’alopécie localisée dite « non cicatricielle« . Dans cette alopécie, les follicules ne sont pas détruits. On retrouve comme origine l’arrachage volontaire (trichotillomanie).
- L’alopécie diffuse aiguë. Cette alopécie peut être consécutive à une infection aiguë responsable d’une fièvre intense (grippe, rougeole, typhoïde…), un stress important (deuil, évènement traumatisant, interruption volontaire de grossesse…), un traitement médicamenteux (chimiothérapie, contraceptifs oraux…), une perte de poids rapide volontaire, une pathologie endocrinienne (thyroïde, surrénales…), une grossesse, une anesthésie générale parfois, un diabète, une malabsorption digestive, une intoxication par métaux lourds, un déficit nutritionnel (fer, cuivre, zinc…), et l’irradiation. Hommes et femmes peuvent en être atteints à tout âge.
L’alopécie androgénique chez les hommes…
Les alopécies peuvent avoir une cause identifiable ou suspectée, en particulier le stress, mais, parfois aussi, elle ne connaît pas d’origine évidente autre que la présence d’androgènes dans le corps, la dihydrotestostérone, par exemple, une hormone mâle que le corps des hommes produit en quantité. Cette alopécie est liée à l’hypersensibilité des follicules pileux aux androgènes, et plus exactement, à l’inactivation des cellules souches contenues dans les follicules pileux. Cette alopécie dite « androgénique », appelée également alopécie diffuse chronique, est la forme d’alopécie la plus fréquente chez les hommes….
Et chez les femmes aussi
L’alopécie androgénique peut également concerner les femmes. En effet, elles produisent des androgènes en petite quantité (20 fois moins que les hommes) via les surrénales et les ovaires. L’alopécie féminine aboutit rarement à une calvitie totale. Il s’agit souvent d’un éclaircissement de la chevelure. La période de la post-ménopause peut également s’accompagner d’une alopécie liée à la baisse des hormones féminines. Enfin, l’usage des bigoudis, sèche-cheveux, les tresses et autres dreadlocks, les défrisages ou les colorations à répétition n’arrangent rien.
Dès l’âge de 17 ans
L’alopécie androgénique peut survenir dès l’âge de 17 ans chez les hommes pour aboutir chez certains à une calvitie à 30 ans, voire beaucoup plus tôt. Tout commence par un éclaircissement des cheveux au sommet du crâne qui s’accompagne d’un recul de l’implantation sur le front. Dans tous les cas, les cheveux situés au-dessus et derrière les oreilles ainsi que sur la nuque ne sont pas affectés par la chute car ils n’ont pas de récepteurs aux androgènes.
Une repousse possible
Il est important de bien identifier la forme d’alopécie et notamment la forme cicatricielle, où la destruction des follicules pileux rend la repousse extrêmement compliquée. Dans la forme non cicatricielle, il est essentiel de supprimer la cause de l’alopécie pour espérer retrouver ses cheveux. Une alopécie d’origine psychique doit être prise en charge par une psychothérapie. Reste l’utilisation des vitamines, minéraux et oligo-éléments, lotions antichute et autres massages d’efficacité limitée ou temporaire.
Et dans la forme androgénique ?
La forme androgénique connaît un traitement spectaculaire, le Minoxidil, utilisé en application locale, qui favorise la vascularisation des follicules pileux. Un autre traitement a également fait preuve d’une bonne efficacité, c’est le finastéride (commercialisé sous le nom de Propecia), à raison d’un comprimé par jour, qui permet de freiner la chute et de favoriser la repousse dans les premiers temps de la calvitie (il n’agit pas sur les calvities anciennes). Ce médicament s’oppose à la dihydrotestostérone. Hormone masculine utilisée initialement pour traiter l’hypertrophie de la prostate, le finastéride ne peut pas être prescrit aux femmes.
Autogreffe
À défaut de résultats, il reste l’autogreffe de cheveux provenant de l’arrière du crâne afin de regarnir en partie les zones de calvitie, comme le dessus du crâne par exemple. Longue, cette intervention coûteuse s’effectue sous anesthésie locale, sur des petites surfaces (microgreffes) et donne de bons résultats à long terme.
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