Le bon programme cosmétique pour une bonne hygiène intime

Qu’on se le dise : aucun cosmétique ne guérira une cystite. Même ceux qui incluent la cranberry dans leur formulation. Mais certains peuvent contribuer à une bonne hygiène intime… quand d’autres doivent vraiment être évités pour ne pas la dégrader.

Au quotidien, rien ne justifie vraiment l’utilisation d’un produit spécifique pour assurer l’hygiène de la zone intime : un gel-douche doux peut parfaitement faire l’affaire.
Mais en cas de sensibilité particulière, durant les périodes « à risque » (fatigue, stress, rapports sexuels fréquents, etc.), un gel lavant dédié peut constituer un apport préventif intéressant contre les infections ou les déséquilibres. À condition de bien le choisir.
Un pH adapté
La zone intime féminine comprend deux parties distinctes, avec chacune ses spécificités : la zone vaginale interne (où un cosmétique n’a rien à faire, le vagin ayant son propre système de régulation), et la zone vulvo-anale externe concernée par l’application d’un produit d’hygiène.
Le pH physiologique de la zone intime externe est compris entre 4,8 et 8, selon que l’on se situe au niveau de la muqueuse ou de la peau. Le premier prérequis pour un produit lavant est donc de respecter ce pH, garant de l’équilibre de la flore protectrice de ce milieu fragile. L’indication du pH du produit est ainsi la première information à vérifier sur les étiquettes avant de choisir son soin d’hygiène.
Les savons, au pH très alcalin, sont généralement déconseillés pour cet usage. Restent donc les crèmes et gels lavants.
Un lavant tout doux
Les argumentaires des produits dédiés à l’hygiène de la zone intime insistent quasi immanquablement sur leur douceur. Elle est indispensable, évidemment, mais doit être réelle, au-delà du discours marketing. Car il s’agit avant tout de calmer (ou de ne pas provoquer) ces irritations qui accentuent les inconforts.
Dans la base lavante, on traquera les tensioactifs les plus irritants (Sodium lauryl sulfate, Ammonium lauryl sulfate…) pour leur préférer les plus respectueux de l’épiderme (amphotères ou non ioniques – voir le n° 169 de Rebelle-Santé pour les reconnaître sur les étiquettes).
On se méfiera aussi des conservateurs les plus « puissants » : ils sont aussi souvent irritants, en plus d’avoir des propriétés antibactériennes de nature à déséquilibrer la flore naturelle de la zone vaginale.
Sur la liste des « à éviter »
2-Bromo-2-nitropropane-1,3-diol, DMDM Hydantoin, Potassium sorbate…
L’alcool, parfois utilisé aussi pour ses propriétés antiseptiques et conservatrices, n’a pas sa place non plus dans ce type de produit.
Côtés actifs, on privilégiera ceux qui exercent une action apaisante et anti-irritations : calendula, camomille, bleuet, avoine, aloé vera, bisabolol, allantoïne…
Et bien sûr, on n’oubliera pas que parfums et colorants (toujours potentiellement porteurs d’intolérance ou d’allergies) sont inutiles dans un produit destiné à la zone intime.
Une touche de prévention
Dans cette base douce au pH légèrement acide, on peut accueillir quelques actifs supplémentaires qui font la différence.
Il en est ainsi de l’acide lactique ou des pré- et probiotiques, qui contribuent à l’entretien de la flore intime.
C’est aussi le cas d’huiles essentielles (de sauge et de géranium, principalement), légèrement antiseptiques et aux propriétés apaisantes.
Et la cranberry ? On la rencontre souvent dans les produits dédiés à l’hygiène intime, au nom de ses propriétés anti-cystite reconnues. Il faut le souligner, on n’a pas vraiment de preuve que cette action, effective quand la cranberry est ingérée, se retrouve à l’identique par une simple application cutanée. Mais ce qui est sûr, c’est qu’en plus de faire joli sur l’étiquette, elle ne peut pas faire de mal sur la peau…
