Le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (SFLR)

Une inflammation au niveau des yeux, des articulations et un écoulement par l’urètre caractérisent le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter.

HLA B27. C’est le nom de cet antigène tissulaire particulier que les médecins appellent « facteur d’histocompatibilité » et qui expose au syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (SFLR)* dans 70 % des cas ainsi qu’à certaines pathologies rhumatologiques, comme la spondylarthrite ankylosante. Curieusement, le SFLR est initié par une infection qui provoque une réaction articulaire se manifestant par des arthrites (inflammation des articulations). Ce ne sont pas les germes qui sont directement en cause, mais la réaction immunitaire qu’ils provoquent. En général, le germe provient d’une infection génitale (maladie sexuellement transmissible) au niveau de l’urètre (urétrite liée à un mycoplasme ou à des chlamydiae), du col de l’utérus ou du tube digestif (liée aux shigelles, campylobacter et autres salmonelles).

* On parle également de « syndrome oculo-urétro-synovial » ou de syndrome de Reiter.

LE SYSTÈME HLA

Le système HLA (Human Leucocyte Antigens) correspond aux antigènes qui caractérisent les cellules de l’organisme ainsi que les globules blancs, à l’instar des antigènes qui déterminent l’appartenance aux groupes sanguins A, B et O. Ils diffèrent d’un groupe d’individus à un autre. C’est ce système qui détermine la compatibilité d’un organe pour une greffe et conditionne donc le rejet ou la réussite d’une greffe. Les antigènes du système HLA sont programmés par le chromosome 6. Certains antigènes, comme le HLA B27, sont associés à des pathologies bien particulières.

Entre 20 et 40 ans

Plus fréquent chez les hommes (neuf hommes pour une femme), le SFLR touche surtout les personnes entre 20 et 40 ans. En prévention, on conseille d’éviter le contact avec des personnes déjà touchées ou infectées, et de prendre des mesures de précautions avant un rapport sexuel (préservatif).

Atteintes diffuses

Sous l’effet de la réaction immunitaire, plusieurs trou­bles vont apparaître :

  • Une diarrhée.
  • Une conjonctivite bilatérale (le blanc des yeux devient rouge).
  • Des douleurs articulaires liées à l’arthrite, notamment au niveau de la colonne vertébrale, des articulations sacro-iliaques, des poignets, des genoux et des coudes.
  • Des lésions cutanées (pustules) au niveau des plantes des pieds et des paumes des mains.

AUTRES ATTEINTES POSSIBLES

– Tendinites
– Atteintes des doigts « en saucisse »
– Prostatite
– Cystite
– Ulcérations de cornée
– Ulcérations buccales

Diagnostic

Difficile de passer à côté du SFLR (quand on le connaît !) tant les signes sont classiques, a fortiori dans un contexte d’infection génitale ou digestive dans les semaines précédentes. Certains examens permettent de renforcer le diagnostic d’inflammation, comme la vitesse de sédimentation sanguine (VS) élevée, ou encore la recherche de l’antigène HLA B27 (qui n’est pas une preuve, mais un paramètre important). Il reste enfin à rechercher le germe à l’origine du SFLR par les sérodiagnostics (recherche des anticorps présents dans le sang), voire des coprocultures. Les prélèvements de liquide dans les articulations touchées n’ont aucun intérêt. Quant aux radiographies des articulations, sans surprise elles retrouvent des signes d’inflammation non spécifiques. 

Évolution par poussées

À l’instar de nombreuses maladies rhumatologiques, il n’existe pas de traitement réellement curatif. On peut toutefois soulager les poussées par l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, l’aspirine, l’azathioprine ou encore le méthotrexate dans les formes graves, qui concernent surtout ceux qui sont HLA B27. Dans ce dernier cas, signalons que le SFLR peut également s’associer à une spondylar­thrite ankylosante. La durée moyenne du SFLR est d’environ 6 mois et peut laisser des séquelles articulaires (érosions des articulations). Des récidives demeurent possibles.

LE RÉGIME SEIGNALET
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