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Les chamans d’aujourd’hui

Ni religion, ni science, le chamanisme attise la curiosité et développe l’intérêt de nombre de personnes bien plus souvent en quête de pouvoirs fantastiques que de cheminement spirituel authentique. Que peut-on dire ou faire de cette nouvelle vague de chamans déferlant actuellement à la surface de notre société ? Que doit-on vraiment penser de ce phénomène et en qui, en quoi peut-on
avoir confiance ?

Qu’est-ce que le chamanisme et qui sont les chamans ?

Compte tenu de la diversité des richesses infinies de l’énergie de la vie, il existe plusieurs formes de chamanisme référentes aux propres traditions des peuples autochtones. Si l’on s’en tient au seul folklore illustrant la coloration de leur apparence, on ne retiendra d’eux que leurs capes de plumes, leurs coiffes extravagantes et la nécessité de lourds enveloppements aux volutes d’encens. À cela s’ajoutent inévitablement le martellement fougueux du battement des tambours et les impénétrables psalmodies incantatoires. Loin de nous tout cela ? Finalement, pas tellement.

L’esprit du chaman est relié aux esprits de la Terre et des éléments. Intermédiaire entre les mondes visibles et les mondes invisibles, le chaman est un médium qui perçoit les esprits de la nature et ceux des âmes désincarnées. Du plus loin que l’on puisse remonter à leurs origines, ils officièrent depuis les grottes paléolithiques jusqu’à initier leurs courants en Chine, en Sibérie et en Mongolie, au Tibet, en Amérique du Nord et du Sud, au Mexique et bien d’autres contrées moins référencées.

Par la perception de leurs sens affinés, les chamans sont des messagers qui se font médiateurs, guides, conseillers et souvent guérisseurs. Ils savent plonger dans les profondeurs de l’être dont ils lèvent sans effort les voiles de l’obscurantisme pour en révéler la lumière. Pour eux, le temps n’a pas de mesure, ils savent au présent déchiffrer le passé et projeter l’avenir. Impossible de les tromper et qui se présente devant la loupe de leur clairvoyance se voit instantanément mis à nu dans sa vérité.

Perdurant depuis des milliers d’années, le chamanisme demeure hors religions même s’il s’est intégré à certaines cultures spirituelles anciennes telles que le bouddhisme, l’hindouisme, le taoïsme et le shintoïsme. Sans appartenance, le chamanisme a su rester libre de toute influence, il n’est que partie intégrante de la Terre, du Feu, de l’Eau et de l’Air vibrant dans l’espace au rythme de tous les univers.

Le chamanisme du temps présent

Par son insatiable besoin de nouveautés sans cesse renouvelées, l’Occident vit au rythme des modes qu’il déploie. Notre culture majoritairement matérialiste découvre, non sans retard, les trésors spirituels portés par la vie elle-même. Mais en ces domaines où l’impalpable prévaut sur le tangible, rien n’est plus difficile à saisir aux abords comme dans la profondeur. Là intervient le discernement.

Le chamanisme n’est pas une technique supplémentaire de développement personnel, pas plus que l’on devient chaman pour peu que l’on possède un tambour et un ou deux rituels ésotériques. Et si les consciences de notre époque s’ouvrent plus largement vers le bien spirituel, il n’en reste pas moins que ne devient pas chaman qui veut ! La porte s’ouvre pourtant mais à l’entrée bien des dérives doivent être évitées.

Tous les êtres vivants possèdent des perceptions intuitives qu’il est toujours possible d’affiner et même d’amplifier selon les modes d’applications utilisés et les aptitudes naturelles de chacun, conjointes à une assiduité sans failles sur le parcours du chemin.

Via les livres et les conférences, de nombreux expérimentateurs relatent leurs expériences auprès de chamans en Sibérie, au Pérou ou en Amazonie, lorsque intégrés à certaines tribus, ils découvrent la transe via les substances hallucinogènes qui leur sont inculquées. Ces expériences qui permettent d’accéder aux voyages de l’esprit ne sont pourtant pas anodines. Et bien qu’elles soient vantées et même proposées ouvertement, ce qui banalise leur pratique, l’action engagée sur le cerveau des intrépides “voyageurs” doit pouvoir être supportée sans dommages. Des études scientifiques montrent l’impact de ces drogues, comme par exemple l’ayahuasca qui est interdite en France. Contenant de la diméthyltryptamine, l’ayahuasca est instituée comme étant la magicienne de l’esprit, il s’agit en fait d’une molécule psychotrope. En revanche, sa prise est dépourvue d’accoutumance et sans risque d’overdose, cette “liane des dieux” n’agit pas sur les circuits de récompense comme le font l’héroïne ou la cocaïne. Son impact réside en une modification de l’état de conscience qui fait rêver les adeptes de l’étrange mais qui, de toute façon, ne durera que le temps de l’imprégnation de la substance. Un engouement sans retenue captive aujourd’hui bien des aventuriers de la conscience. À tort ou à raison ? L’avenir saura bien le dire.

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Chamane

Nous pratiquons une drôle de médecine. À titre d’exemple, seuls les Occidentaux séparent encore le corps de l’esprit tandis que cette unification va de soi pour tous les autres peuples de la planète. Pourtant, il existe d’autres conceptions de la maladie et des soins. Les médecines traditionnelles en sont un exemple vivant.
Une série d’articles sur ces arts thérapeutiques débute dans ce numéro. Elle est envisagée sous l’angle culturel. Il ne s’agit pas de comparer ces médecines séculaires avec la nôtre, dite «classique» malgré son extrême jeunesse à l’aune de l’humanité, mais d’en définir les contours pour mieux appréhender l’intérêt vital de sauvegarder ce précieux patrimoine de l’humanité.