Marrube blanc (Marrubium vulgare)

Cousin de la menthe et de l’ortie blanche, le marrube blanc (Marrubium vulgare) est employé depuis l’Antiquité contre la bronchite et la toux rebelle, une indication qui en fait un ami intéressant dans les périodes de refroidissement…
Il ne paye pas de mine… De la famille des labiées, il ressemble à ses cousines l’ortie blanche ou la menthe. Il pousse surtout dans le Midi, au bord des chemins et dans les friches, et ses fleurs blanches s’épanouissent de la fin du mois de mai au mois de juillet, parfois même jusqu’en août.
UNE RÉPUTATION VIEILLE COMME LE MONDE
En Europe, on a longtemps considéré le marrube blanc comme l’une des plantes médicinales les plus efficaces et aux indications les plus nombreuses. Linné, grand botaniste du XVIIIème siècle, le recommandait contre le flux salivaire lié à l’intoxication au mercure. Dioscoride, dans ses écrits, rapporte que les feuilles de marrube, « séchées et cuites en eau ou vin avec la graine, ou le suc tiré d’icelles encore verdes, se donne en forme de looth (sirop, NDLR) avec miel aux asthmatiques, à gens travaillés de toux, emmaigris et langoreux ».
Le marrube blanc était également employé contre de nombreux autres troubles de santé. Additionné de poudre de racine de violette, il servait à nettoyer le foie ou comme vermifuge. Sous forme de bain, il soignait les reins, les points de côtés et les varices. En cataplasme, on l’utilisait sur les goitres. Pline lui reconnaissait encore d’autres vertus, et considérait ses feuilles et graines broyées comme « proufitables contre morsures de serpents, douleurs de costes et de poitrine et la toux envieillie, aussi bien que contre les gangrènes et ulcères survenant ès racines des ongles. »
Vive la marrubine
Bien que le marrube contienne des flavonoïdes, de la pectine, des sels minéraux, des mucilages ou encore une huile essentielle, c’est à un autre de ses composants, la marrubine, qu’on attribue ses propriétés principales, c’est-à-dire expectorantes et digestives, et même ses effets sur l’arythmie cardiaque.
Contre grippe et bronchite
Les Egyptiens déjà employaient le marrube blanc pour soigner leurs infections respiratoires, sans doute associaient-ils la plante avec du miel. Dioscoride, médecin grec, la préconisait, quant à lui, en décoction. Depuis ces temps lointains, les propriétés de la plante ont été vérifiées. Non seulement le marrube fluidifie les sécrétions bronchiques et facilite leur évacuation, mais il possède également des vertus antiseptiques et un principe fébrifuge. Pour compléter le tableau, il excite l’appétit, ce qui peut être d’un grand intérêt lorsque grippe ou bronchite vous retire toute envie alimentaire… C’est donc l’idéal pour soigner les typiques infections hivernales.
Et s’il faisait mincir ?
En général, lorsque l’on dit d’une plante qu’elle excite l’appétit, les adeptes de la minceur ont vite fait de la fuir ! Ce serait une erreur dans le cas du marrube blanc car, outre le fait qu’il stimule l’estomac et calme les lourdeurs, on le suspecte d’être un allié minceur ! Jean Palaiseul, célèbre spécialiste de phytothérapie, rapporte en effet qu’un guide familial de la Belle Époque (alors que la mode était aux rondeurs !) met en garde ses lectrices lorsqu’est évoquée l’infusion de marrube blanc : « Il faut en faire un usage modéré car elle fait maigrir sensiblement. » Et c’est vrai que si l’on s’astreint à en boire un litre par jour (ce qui n’est pas détestable d’ailleurs), on peut espérer perdre quelques kilos !
UNE PLANTE MAGIQUE
Pour exorciser un lieu ou une personne, aspergez-le d’infusion de marrube blanc ! Et pour repousser les mauvais sorts, portez un petit sachet de fleurs de marrube séchées sur vous…
Si vous êtes sensibles aux charmes magiques des plantes, vous pouvez également essayer, sur une personne nerveusement malade, l’effet du marrube blanc : mélangez des feuilles de marrube à part égale avec des feuilles de frêne, faites tremper le tout dans un bol de pluie recueillie une nuit de pleine lune… Placez le bol à la tête du lit du malade, du côté du mur le plus proche, et ses vibrations positives devraient faire effet…
Une grande liste d’indications
Bien que cela puisse surprendre car le marrube blanc n’est plus très connu, il peut pourtant être utile contre bien des troubles :
- bronchite aiguë ou chronique
- asthme
- laryngite
- fièvre
- sueurs profuses
- obésité, cellulite
- rhumatismes
- eczéma
- toux rebelle
- coqueluche
- brûlures d’estomac
- manque d’appétit
- palpitations
- règles douloureuses
- paresse digestive
- foie engorgé.
Mode d’emploi
- On récolte les feuilles et les sommités fleuries de marrube blanc au tout début de sa floraison, fin mai début juin, et on les fait sécher à l’ombre, dans un lieu sec et aéré, sur les claies ou bien en les suspendant en petits bouquets.
- Bien entendu, si on n’a pas fait de récolte, on peut aussi se procurer la plante sèche dans les magasins de produits naturels et pharmacies ayant un « rayon » herboristerie.
- Si la plupart des auteurs indiquent l’usage du marrube blanc sous forme d’infusion, il semblerait que ce soit sous forme de macération dans du vin que les principes actifs soient les plus efficaces. Cependant, les deux méritent d’être essayés, avec quand même une préférence pour la tisane pour les enfants et les personnes qui n’aiment pas le vin ou ne supportent pas l’alcool.
| Infusion | Faites tremper 30 g de plante sèche (feuilles et fleurs) dans un litre d’eau froide pendant 10 minutes, portez sur le feu et laissez chauffer jusqu’aux premiers frémissements. Laissez ensuite infuser pendant un quart d’heure. Prenez 4 à 5 tasses de cette tisane par jour, froide ou tiède (pour les problèmes de toux par exemple). |
| Macération dans le vin. Il existe plusieurs recettes. | – Faites chauffer un litre de vin rouge jusqu’à l’ébullition puis versez-le sur 30 g de sommités fleuries de marrube blanc. Laissez macérer une journée puis filtrez en exprimant les sucs. Prenez-en deux à trois petits verres par jour, en sucrant au besoin avec du miel (pour chasser l’amertume). – Dans un litre de vin rouge préalablement sucré (4 à 5 cuillerées à soupe de sucre roux ou 3 cuillerées à soupe de miel), mettez 60 g de plante séchée. Laissez macérer pendant huit jours puis filtrez. Prenez-en un petit verre avant le repas, midi et soir. |
| En externe aussi | Bien que cet emploi du marrube blanc ait été presque oublié, il a longtemps servi à soigner les ulcères et les plaies en application externe, sous forme de décoction. Décoction : faire bouillir la plante 10 minutes à raison de 30 g pour un demi-litre puis de laisser infuser un quart d’heure avant de filtrer. On imbibe simplement des compresses avec cette décoction, à appliquer sur les zones cutanées abîmées. |
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