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Une tuméfaction dans l’aisselle…

Il ne faut pas confondre la polymastie, qui correspond à l’existence d’une glande mammaire supplémentaire (on parle de tissu mammaire surnuméraire ou de tissu glandulaire ectopique) avec la polythélie, c’est-à-dire l’existence de mamelons supplémentaires sans glande mammaire sous-jacente. La polymastie est plutôt rare, de l’ordre de 0,1 %, tandis que la polythélie concernerait 1 à 5 % de la population, tous sexes confondus.

Diagnostic difficile

Bien des gens sont porteurs d’une polythélie à leur insu et prennent les mamelons surnuméraires pour des grains de beauté, des taches, angiomes et autres formations cutanées. Ces mamelons ne sont parfois “découverts” qu’à l’âge adulte par un médecin attentif. Il en est de même pour la polymastie, dont le diagnostic peut être aussi ardu, surtout quand la femme (cette pathologie est essentiellement féminine, au contraire de la polythélie) présente un surpoids qui peut masquer le tissu mammaire surnuméraire.

Une anomalie embryonnaire…

La polymastie, comme la polythélie, trouve son origine dans une anomalie lors du développement embryonnaire. La nature a prévu 5 à 7 paires de bourgeons mammaires chez les mammifères. Mais chez l’humain, ou surtout chez la femme, seule une paire est effective et commence à s’organiser en lobules mammaires autour de la 12e semaine, les autres régressant lors du développement. En d’autres termes, ces paires inutiles involuent. Dans la polymastie, cette régression des paires supplémentaires ne se produit pas et un ou d’autres seins se développent sous forme de vestiges plus ou moins visibles dès la naissance et sont plus ou moins identifiables par la suite.

…sur la ligne axillo-inguinale

Schématiquement, les tissus mammaires (et les mamelons) se développent sur une ligne unissant le creux axillaire (aisselle) à l’aine, jusqu’à la vulve parfois. C’est sur cette ligne, appelée ligne axillo-inguinale, que vont se développer les seins “normaux”. Si la polymastie et la polythélie se localisent le plus fréquemment sur cette ligne, dans de très rares cas la polymastie se situe ailleurs. En effet, au cours du développement embryonnaire et pour une raison encore inconnue, des bourgeons mammaires qui n’ont pas régressé peuvent migrer ailleurs sur le corps. Des seins surnuméraires affectent alors parfois le visage, le cou, les hanches, les bras et même les pieds !

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