Plantain (Plantago major)

Les propriétés du plantain sont multiples !
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Le plantain, si commun, si exceptionnel… Les propriétés du plantain sont multiples !

Il est parfois inutile de se fatiguer pour chercher les plantes médicinales. Mon petit jardin, c'est une véritable pharmacie ! J'y cueille des simples toutes simples,des fruits et des légumes tout bêtes : herbe à Robert, pervenche, menthe, camomille, roses, patience, chélidoine, roses trémières, lavande, thym, romarin, sceau de salomon, iris, fraises, framboises, lierre, sureau, orties, noisettes, persil, chou, souci, sauge... Et j'en oublie ! Tenez, dans ma pelouse, il y a des primevères, des pâquerettes, des pissenlits... et du plantain !

UN OUBLI INJUSTIFIÉ
Jusqu'au début du siècle, le plantain était considéré comme une plante médicinale majeure. Déjà les médecins de l'Antiquité vantaient ses vertus. Même Shakespeare, dans plusieurs de ses pièces, vante les propriétés cicatrisantes du plantain : à la vitesse à laquelle ses héros manient l'épée et se blessent les uns les autres, il est vrai qu'un peu de suc de plantain n'était pas de trop pour ralentir les flots de sang ! Car le plantain est astringent et hémostatique. Du moyenâge jusqu'à la révolution française, la plupart des ouvrages médicaux ont décrit cette modeste plante comme la première de toutes pour guérir ou soulager une vingtaine de maladies. Et puis le plantain, sans doute trop commun, aux fleurs trop ternes, aux feuilles trop simples, a été oublié.

DES PROPRIÉTÉS MULTIPLES
Les constituants du plantain (pectine, aucubine, ampigénine, flavonoïdes, tanins, soufre, calcium, fer, phosphore, mucilage...) en font une plante aux très nombreuses indications, utilisable aussi bien en interne qu’en externe. Il est concentré en vitamines du groupe B (B1, B2 et PP) qui agissent au niveau du métabolisme des protéines, de la synthèse du sang et de la régénerescence cellulaire. Des déficits en vitamines du groupe B peuvent avoir des effets, entre autres, sur la digestion, la libido, le fonctionnement du cerveau et entraîner fatigue, problèmes cutanés, dépression, insomnie... Sa richesse en vitamine A en fait un allié de la peau, des yeux et des bronches. Pour les amateurs de chimie pharmacologique, précisons que l’aucubine accélère l’élimination par les reins et possède des propriétés antimicrobiennes. L’ampigénine est un anti-inflammatoire et d’autres substances isolées ont une action antiallergique ou bronchodilatatrice. Les mucilages sont des substances végétales qui freinent l’appétit et activent le transit intestinal... Bref, il n’est pas surprenant que le modeste plantain soit conseillé pour lutter contre d’innombrables affections.
> Adoucissant et astringent, il régularise le transit intestinal et lutte à la fois contre la diarrhée et la constipation.
> Antiseptique et expectorant, il calme la toux, lutte contre la bronchite.
> Hémostatique et cicatrisant, on l'utilise pour les blessures.
> Calmant et désinfectant
> Circulatoire, on l'utilise pour les jambes fatiguées et les ulcères variqueux ainsi que les hémorroïdes et les fistules.
> Antiophtalmique reconnu, il est recommandé non seulement pour défatiguer les yeux et les rendre brillants mais aussi pour lutter contre l'inflammation des paupières et la conjonctivite.
... et comme si tant d'indications ne suffisaient pas, le plantain est aussi prescrit pour lutter contre le saignement des voies urinaires, l'ulcère gastro-duodenal et la consolidation des fractures !

COMMENT PRENDRE LE PLANTAIN ?
On conseille l’utilisation de feuilles et fleurs fraîches, ce qui n’est pas compliqué puisque le plantain se récolte 10 mois sur 12 dans le nord de la France et toute l’année dans le sud. Mais il est bien sûr préférable de cueillir le plantain à la floraison, au printemps. Les racines peuvent aussi être utilisées, notamment en décoction.
En décoction : à utiliser en tisane, gargarisme ou lotion. 10 g à 20 g de plante entière (feuilles, fleurs et même racines) dans 1 litre d'eau, laisser bouillir 10
minutes. 1 tasse à chaque repas.
En macération : ce serait un traitement de choc pour les problèmes digestifs ou urinaires. 30 à 60 g dans 1 litre d'eau. Faire bouillir 3 minutes et laisser macérer toute la nuit. Boire toute la macération dans les 24 heures.
En miel : sécher les feuilles lavées avec un linge propre. Les écraser pour en extraire le suc que l'on mélange à du miel à quantité égale. Cuire à feu doux pendant 20 minutes. Se conserve sans problème au réfrigérateur. Recommandé pour les voies respiratoires.
Collyre : utiliser la décoction, ajouter éventuellement du mélilot et/ou du bleuet.
En salade : préférez les jeunes feuilles que vous ajouterez à votre laitue ou à vos endives. Le goût est légèrement amer, avec un petit parfum de champignon.
En légume : il suffit de cuire les feuilles et de les utiliser comme un légume classique ou en soupe (comme pour les orties).
En friction : frotter et masser la peau avec des feuilles fraîches. Attendre plusieurs heures avant de rincer sans savon.
En compresses et cataplasmes : feuilles fraîches sur les plaies, les varices... et même les rhumatismes !
En gélules : on en trouve ! 2 gélules 3 fois par jour avec beaucoup d'eau.

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