Le fond d’œil, un examen de routine

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C’est l’un des examens de base de l’ophtalmologie. Indolore, il consiste à examiner la rétine et la naissance du nerf optique. Le fond d’œil est essentiel dans le dépistage ou le suivi de certaines pathologies qui peuvent mener à la cécité.

Difficile de parler du fond d’œil (FO) sans évoquer en détail ce qu’est la rétine et sa fonction. La rétine est un tissu nerveux qui tapisse le fond du globe oculaire, constitué des cellules qui vont capter la lumière et les images. C’est le «film photographique» de l’œil. Chaque cellule visuelle transmet l’information par l’intermédiaire d’un nerf. Plus d’un million de ces minuscules nerfs visuels vont converger vers le même endroit pour former le nerf optique, dont la naissance est visible au niveau de la rétine. Il s’agit de la papille, une tache sur la rétine qui prend la forme d’un disque pâle de 1,5 mm de diamètre. Une autre tache siège au centre de la rétine. Il s’agit de la «macula» qui permet l’acuité visuelle. Enfin, la rétine est parcourue de petits vaisseaux, artériels et veineux, parfaitement visibles lors du FO. Seule la macula en est dépourvue, et ce, pour que l’acuité visuelle soit parfaite.

L’intérêt du fond d'œil

Examiner le fond de l’œil est important. Cet examen permet d’analyser la rétine afin d’y dépister des inflammations, des tumeurs éventuelles (rétinoblastome, naevus...) ou un décollement de la rétine qui peut se produire à la périphérie du disque rétinien. Le FO permet aussi d’évaluer et de suivre les atteintes vasculaires liées à certaines grandes pathologies, comme l’hypertension artérielle (diminution du calibre des vaisseaux, images cotonneuses, épaississement des parois des petits vaisseaux, œdème, petites hémorragies...) ou le diabète, par exemple. On peut aussi pratiquer un FO pour vérifier qu’ il n’ existe pas une hypertension intracrânienne. Enfin, le FO est indiqué dans de nombreuses urgences oculaires, comme une baisse brutale de l’acuité visuelle, un flou visuel, une douleur, la perception de mouches volantes, ou encore l’impression d’un voile noir ou de suie devant les yeux.

En pratique

L’ophtalmologiste dispose de plusieurs techniques pour effectuer un FO. Il peut utiliser un ophtalmoscope, un instrument muni d’un manche cylindrique surmonté d’un système optique et muni d’un faisceau lumineux. C’est l’ophtalmoscopie dite «directe», rapide, mais imprécise. La lumière est dirigée vers la rétine. Le système optique est en réalité une sorte de loupe qui permet alors au praticien d’examiner la rétine en regardant à travers le cristallin. L’ophtalmologiste peut aussi utiliser un instrument de précision plus sophistiqué appelé «lampe à fente». C’est la biomicroscopie. Le patient va poser son menton sur la mentonnière de l’appareil. L’ophtalmologiste examine l’œil à l’aide d’une lentille convergente. Dans tous les cas, le résultat de l’examen est immédiat.

Une dilatation pupillaire préalable

Pour bien observer la rétine, l’ophtalmologiste est souvent amené à instiller dans l’œil plusieurs gouttes d’un collyre «mydriatique» destiné à dilater la pupille. Ce qui laisse plus de visibilité au praticien. La dilatation pupillaire, autrement dit la «mydriase», prend plusieurs minutes pour agir, de 20 minutes, chez les sujets jeunes, à une heure, chez les diabétiques notamment. Attention, les collyres mydriatiques sont contre-indiqués en cas de glaucome. N’hésitez pas à le rappeler au praticien si vous êtes porteur de ce type de pathologie.

Cataracte et opacité cornéenne

L’ophtalmologiste examine la rétine au travers de la cornée tout d’abord, de la couche superficielle du globe oculaire, puis du cristallin normalement transparent. Tout ce qui va opacifier la cornée ou le cristallin risque donc de gêner l’examen. C’est le cas des opacités cornéennes et de la cataracte. Le FO devient alors difficile à effectuer, voire impossible dans certains cas.

Attention à la conduite automobile

Plus que le FO lui-même, c’est surtout l’utilisation du collyre mydriatique qui peut perturber la conduite en induisant un flou visuel durant quelques heures. Il peut également gêner la lecture. Dans certains cas, c’est le faisceau lumineux qui peut être à l’origine d’un éblouissement persistant pendant quelques minutes. Mieux vaut donc ne pas conduire dans les heures qui suivent le FO et donc se faire accompagner par un tiers chez un ophtalmologiste.

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