Que faut-il manger pour favoriser la fertilité ?

La fertilité n’a rien de magique. Comme toutes les fonctions du corps, elle résulte aussi, au moins en partie, de l’hygiène de vie et du contenu de l’assiette. Autant chez le papa que chez la maman !

Vous vous souvenez de cette jolie allégorie destinée à expliquer aux jeunes enfants « comment on fait les bébés » ? « Papa met une petite graine dans le ventre de maman, et ça pousse ». L’image est poétique, mais finalement tout à fait conforme à la réalité. Pour que la petite graine (le spermatozoïde) « grandisse et devienne un bébé », il faut d’une part qu’elle soit en pleine possession de ses moyens, d’autre part que le milieu où elle se trouve soit lui aussi « accueillant et nutritif », c’est-à-dire propice à son développement. Ce qui explique pourquoi les conseils d’hygiène de vie en général, et d’alimentation en particulier, s’adressent aussi bien aux hommes qu’aux femmes.
Un programme préconceptionnel
Faire un bébé est sans doute le plus fabuleux miracle que peuvent accomplir un homme et une femme. Mais parfois, l’enfant se fait attendre. Et les futurs parents s’inquiètent… En dehors de toute cause organique (à vérifier impérativement avec le médecin) et d’incompatibilité « génétique », la plupart des couples qui tardent à procréer devraient adopter certaines habitudes alimentaires.
Triple but : côté femme, il s’agit de préparer le corps à la grossesse, côté homme, de fournir de la vigueur aux spermatozoïdes, et côté bébé, de lui donner toutes les chances d’être en parfaite santé. L’enjeu, de taille, concerne la santé future de l’enfant, et même de sa propre descendance. Les conseils « fertilité » s’adressent donc à tous les couples qui désirent fonder (ou élargir) leur famille. Ça fait du monde ! Dès qu’il y a un projet de grossesse, que l’enfant tarde à venir ou non, il est recommandé aux futurs parents de suivre un programme « préconceptionnel ». Rien de bien compliqué, il s’agit juste de mieux manger pendant les mois qui précèdent la conception (si possible), d’insister notamment sur le poisson gras et les aliments riches en vitamine B9 (extrêmement importante pour la maman et le bébé), et même de mettre en place une supplémentation vitaminique adaptée. Votre médecin référent pourra vous renseigner.
Poids moyen
Gardez espoir ! Seuls 6 % des couples sont réellement stériles. Restent 94 % qui devraient « y arriver ». Pourtant, 20 % ont des difficultés, que les experts attribuent de plus en plus clairement à l’environnement (pollution atmosphérique, alimentaire), au stress, à une mauvaise hygiène de vie. Avant tout chose, faites preuve de bon sens. La nature, prudente, ne confie ses enfants que si ses conditions de survie sont « élevées ». Ce qui explique d’emblée pourquoi les femmes en « sous poids », mais aussi les obèses, tombent plus difficilement enceintes. Et ceci est également vrai pour les hommes : les messieurs trop maigres ou trop enrobés ont moins de spermatozoïdes, comme l’a confirmé encore récemment une étude, parue en mars 2009 dans Fertility et sterility. Stabiliser sa silhouette dans une « norme » acceptable, avec un IMC compris entre 20 et 25, facilite donc les choses. Une bonne raison pour manger « mieux » en couple !
Mieux manger, bouger plus
Pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois, il est vivement recommandé de faire le plein en nutriments fondamentaux (zinc, magnésium, fer…). Des études menées notamment chez les jeunes femmes américaines ont même clairement montré qu’en mangeant « mieux » (en l’occurrence, plus de protéines végétales ou moins de protéines animales / moins de « mauvais gras » / plus de fibres / plus de vitamines / plus de minéraux / moins de produits sucrés), elles avaient 6 fois moins de risques de présenter des troubles de la fertilité ! Sans doute arrive-t-on exactement à la même conclusion pour les hommes. Mais avant tout, retenez ces trois grands principes : 1) il faut manger suffisamment (pas trop !), 2) l’alimentation doit être de qualité à chaque repas, afin d’apporter tous les éléments requis, 3) l’hygiène de vie inclut l’activité physique, TOUS les spécialistes recommandent de pratiquer un sport ou au moins une activité physique régulière.
Laisser venir l’enfant
Sur le versant plus psychologique, les médecins recommandent de « laisser venir l’enfant ». Parfois, ce n’est juste pas le bon moment (situation familiale ou professionnelle incertaine, deuil familial, obsession liée à cette grossesse qui n’arrive pas, etc.). Nombreuses sont les situations où l’enfant, « trop » désiré, n’a pas daigné venir, jusqu’au jour où les parents, découragés, ont commencé à penser un peu à autre chose. La grossesse a démarré ! Et rappelez-vous que cette dernière n’a rien d’automatique. Chez l’être humain, le « rendement reproductif » est même particulièrement médiocre : à peine 20 % de chances de procréer lors d’un rapport sexuel au meilleur moment du cycle et si les partenaires sont tous les deux au mieux de leur forme ! Alors, forcément, tout « obstacle » vient amoindrir encore le score… Patientez, soyez confiants, souvenez-vous que ce qui compte avant tout, c’est l’amour. Et que si vous vous lancez dans l’aventure de la procréation médicalement assistée, les conseils alimentaires vous concernent tout autant.
Arrêtez de fumer
Avant toute chose, si vous fumez, arrêtez. Le tabac est probablement l’un des pires ennemis de la fécondité. Les conséquences du tabagisme sur le couple sont phénoménales et encore mal connues. On sait depuis longtemps que le tabac diminue fortement la fertilité de la future maman, en faisant chuter le taux d’œstrogènes, et qu’il met en danger l’enfant, en favorisant les avortements spontanés, les accouchements prématurés, le taux de mortalité à la naissance. Mais l’homme serait encore plus affecté que la femme, car le tabac détruit purement et simplement certains spermatozoïdes, et abîme l’ADN des autres. S’il est donc formellement déconseillé de fumer pendant la grossesse, c’est aussi vrai dans les mois qui précédent sa mise en route, et ce chez les deux partenaires.
Les bons réflexes alimentaires

Vos amis
- Levure de boulanger, germe de blé, blé complet, épinards, œufs (jaune), foie de veau, fenouil, choux, haricots verts, salade… tous sont riches en vitamine B9. Attention à la cuisson, qui en détruit une bonne partie ! La vitamine B9 joue un rôle importantissime dans tout ce qui touche à l’ADN et à l’expression des gènes. Cette vitamine augmente la fertilité des futures mamans, s’oppose à la malformation du tube neural du fœtus, qui expose le bébé au spina bifida (une maladie grave). La protection intervient dans les premières semaines de grossesse, alors que la maman ne sait pas forcément qu’elle est enceinte. C’est donc avant qu’elle doit « remplir ses stocks », car plus tard, c’est trop tard. Or, pour diverses raisons, la majorité des femmes manquent plus ou moins de vitamine B9.
- Légumes à chaque repas, dont au moins 1 sous forme de crudité + 2 fruits crus dans la journée. La vitamine C, antioxydante, est elle aussi essentielle pour la fertilité. On trouve 6 à 7 fois plus de vitamine C dans le liquide séminal des testicules que dans le sang : le sperme a besoin de cette vitamine en grande quantité !
- Crustacés, foie de bœuf, poulet, poisson, œufs… et tous les produits d’origine animale, y compris le fromage, renferment de la vitamine B12, nécessaire à la duplication cellulaire, c’est-à-dire à la « photocopie » de l’ADN. Inutile d’en avaler de grandes quantités, mais les végétariens et les végétaliens peuvent éventuellement en manquer. À surveiller (supplémentation conseillée si vous ne mangez aucun produit animal). Ces mêmes aliments sont sources de fer, également très important, surtout pour les femmes.
- Mangez des amandes, des légumes verts à feuilles… Des études ont montré que chez les femmes en manque de magnésium, une supplémentation suffisait à augmenter leur taux de fertilité.
- Fruits de mer, foie, viande, poisson et jaune d’œuf sont les meilleures sources de zinc et de sélénium, deux minéraux clé de l’activité sexuelle et de la fertilité. Chez l’homme, une déficience (fréquence = 60 % !) est l’une des raisons majeures de l’infertilité.
- Poissons à chair grasse — maquereau, saumon, sardine —, abats, aliments à base de soja (huile, tofu, graines…), bœuf et, un peu moins, noix, amandes, épinards… : ces aliments apportent de la co-enzyme Q10, qui améliore la vivacité des spermatozoïdes.
Vos ennemis
- Les « imposteurs hormonaux », aussi appelés « perturbateurs endocriniens », autrement dit les toxiques qui perturbent gravement nos hormones. Principalement la pollution, les résidus de pesticides, l’eau du robinet, les dérivés de plastiques, surtout souples : privilégiez le bio, évitez de cuisiner et de faire cuire les aliments dans des vieilles casseroles, des moules mous, ou même simplement de réchauffer au micro-ondes des plats préparés (oh !) à même les barquettes en plastique dans lesquelles ils sont vendus, surtout lorsqu’il y a du gras (huile, margarine, beurre, viande grasse…). Préférez les bouteilles d’huile (olive, colza…) en verre et non en plastique.
- Les métaux lourds (mercure, cadmium…). Évitez les jus de fruits et sodas en cannette, jetez les vieilles boîtes de conserve. Et surtout ne fumez pas !
- L’alcool. Restreignez-vous à 1 ou 2 verres de vin rouge par jour, grand maximum. Dès le début de la grossesse, cessez toute consommation d’alcool. Zéro goutte pendant neuf mois !
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