Sclérose en plaques : conseils nutritionnels pour entretenir et réparer la myéline

Substance grasse enveloppant les nerfs, la myéline a pour fonction de protéger les fibres nerveuses et d’accélérer la propagation de l’influx nerveux (d’un facteur 50 à 100). Elle s’apparente à la gaine de plastique qui isole les fils électriques. L’altération de la myéline a pour conséquence de rendre de plus en plus difficile la transmission de l’influx nerveux.

Les maladies de la myéline

Les maladies de la myéline peuvent être d’origine génétique (leucodystrophies) ou acquises, notamment chez des enfants prématurés (leucomalacies) ou des adultes (sclérose en plaques). La plus répandue des maladies de la myéline est sans conteste la sclérose en plaques qui touche au moins 50 000 personnes en France (2 000 nouveaux cas par an).

La sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune au cours de laquelle le système immunitaire dirige son action contre la myéline du système nerveux central, et ce pour une raison inconnue. La maladie provoque des troubles de la vue, de la sensibilité et de la mobilité. À noter que l’existence d’une sclérose en plaques chez un parent direct multiplie le risque par 20 à 50.

La remyélinisation

Les chercheurs sont toujours en quête de solutions innovantes en vue de favoriser la remyélinisation. Ce que toute personne malade peut déjà faire, c’est fournir quotidiennement à son organisme les matériaux de base nécessaires au processus de régénération de la gaine de myéline.

Composition de la myéline

La myéline est principalement constituée de lipides dont les couches alternent avec des couches de protéines. Ces lipides appartiennent à la famille des phospholipides et se trouvent incorporés dans la lécithine, composante essentielle de la myéline.

La lécithine

La lécithine joue un rôle important dans la transmission nerveuse. En fait, on mesure mieux l’importance de la lécithine quand on sait que 30 % du poids sec du cerveau et 15 % des nerfs sont constitués de lécithine ! L’organisme est certes capable de la synthétiser, mais dans le cas d’une démyélinisation, un apport complémentaire est nécessaire pour donner à l’organisme les moyens de réparer les lésions de la myéline, au moins partiellement. La solution la plus pertinente : associer lécithine d’origine végétale (issue de soja bio) et lécithine d’origine marine (issue de poissons, par exemple des têtes de saumon). Signalons au passage que la consommation de lécithine apporte un bénéfice supplémentaire, à savoir une amélioration sensible de l’absorption des nutriments (facteur 2 à 10).

La lécithine marine

La lécithine marine est particulièrement riche en oméga 3 DHA. Le DHA est le principal oméga 3 présent dans les membranes cellulaires et les tissus, en particulier les neuro-tissus (cerveau, rétine). Très abondant dans le cerveau, le DHA améliore la vitalité neuronale. Il faut aussi savoir que les oméga 3 à longues chaînes (EPA, DHA) sont de puissants agents anti-inflammatoires. Or, la composante inflammatoire est bien entendu présente dans la démyélinisation (cf. les « poussées inflammatoires » observées au cours d’une sclérose en plaques) (1).

(1) Plus l’inflammation est forte et répétée, plus il y a risque d’aggravation des lésions de la gaine de myéline. Voilà pourquoi l’acide gamma-linolénique (GLA), un autre acide gras anti-inflammatoire appartenant à la famille des oméga 6, gagnera à être intégré à la stratégie de soins. Hormis le lait maternel, les meilleures sources alimentaires de GLA sont la spiruline (eh oui, encore elle !) et les huiles de bourrache et d’onagre.

Une autre chose à savoir : les oméga 3 sont mieux absorbés sous forme de lécithine ou associés à la lécithine. Ce point est d’autant plus important que l’on a observé une malabsorption des graisses chez près de la moitié des personnes atteintes de sclérose en plaques. Or, la lécithine assure une meilleure émulsion des graisses, ce qui favorise une meilleure absorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K) et des oméga 3, 6 et 9.

Les autres matériaux nécessaires

La lécithine regroupe un certain nombre de phospholipides, en particulier la phosphatidyl-choline. La choline favorise les fonctions cérébrales et la commande motrice nerveuse des muscles. Elle intervient dans la régénération de la gaine de myéline. Le jaune d’œuf est riche en choline (2). L’organisme est capable de produire cette substance à partir des vitamines B6, B9, B12, du magnésium et de la méthionine, un acide aminé essentiel. D’autres nutriments sont indispensables à la production et l’entretien de la myéline : vitamines B2, B3, inositol, cuivre, manganèse, zinc, sans oublier les protéines.

(2) Un jaune d’œuf contient 1,6 g de phospholipides dont 73 % de phosphatidyl-choline.

La spiruline

On le voit, les matériaux indispensables à l’entretien et à la réparation de la gaine de myéline sont nombreux. De ce fait, il apparaît justifié de fournir à l’organisme un concentré alimentaire performant, et, à ce titre, le choix se porte aussitôt vers une micro-algue : la spiruline.

La spiruline est très riche en protéines puisqu’elle en contient 3 fois plus que la viande de bœuf ! De plus, ces protéines sont hautement assimilables.

Nécessaire à l’équilibre du système nerveux, la vitamine B12 participe à la formation de la myéline. Or, la spiruline contient 4 fois plus de vitamine B12 que le foie de bœuf cru, longtemps donné comme sa meilleure source. À noter que les bactéries de la flore intestinale synthétisent une faible quantité de cette vitamine.

Substance présente en grandes concentrations dans les nerfs, le cerveau ainsi que le liquide céphalo-rachidien, l’inositol ou vitamine B7 est partie intégrante de la gaine de myéline. Or, la teneur en inositol de la spiruline est environ 8 fois supérieure à celle de la viande de bœuf et plusieurs centaines de fois à celle des végétaux qui en sont le plus pourvus. La lécithine contient également de l’inositol.

La vitamine B3, quant à elle, est vitale pour l’activité adéquate du système nerveux. Elle joue un rôle crucial de la transmission de l’influx nerveux. La spiruline en contient peu, comparé à la levure de bière.

La levure de bière

La levure de bière présente l’avantage de contenir l’ensemble des vitamines du complexe B à un taux plus élevé que celui relevé dans la spiruline, mis à part la vitamine B12. Encore qu’il y ait toutefois une exception notable : le produit Fortilevure Puissance 8 du Laboratoire Carrare. En effet, il s’agit d’une levure de bière cultivée sur un milieu riche en vitamines B. Au final, il suffit de 2 gélules pour couvrir 70 % des besoins journaliers en vitamine B12. En raison du caractère indispensable des vitamines du complexe B, on peut tout à fait envisager une association relativement régulière spiruline-levure de bière.


Pour réparer la myéline

NUTRIMENTS REQUISSOURCES ALIMENTAIRES ET COMPLÉMENTAIRES
Phospholipides– Jaune d’œuf bio, abats impérativement bio
– Lécithine de poisson et de soja bio
Acides gras essentiels (Oméga 3 et 6 précurseurs)– Huiles vierges composées déjà formulées pour apporter un ratio relativement équilibré oméga 3-oméga 6 ou association colza-olive (1)
– Éventuel apport complémentaire d’huile de périlla (1)
Acide gamma-linolénique (GLA)– Spiruline, huile de bourrache
Inositol– Spiruline
Vitamines du complexe B– Levure de bière, spiruline
Protéines d’origine végétale hautement assimilables– Spiruline
Autres micro-nutriments– Spiruline

(3) Ratio oméga 6-oméga 3 : les huiles « composées » ou « combinées » bio vendues par certaines marques (Vigean, Émile Noël…) offrent fréquemment un ratio proche de 5:1, qui peut être jugé relativement satisfaisant pour des personnes en bonne santé. Par contre, dans le cas d’une maladie chronique auto-immune et inflammatoire telle que la sclérose en plaques, un ratio de 2:1 à 3:1 doit être recherché. Pour y parvenir, deux solutions possibles : soit un apport complémentaire en acide alpha-linolénique (oméga 3 précurseur), sous la forme de capsules d’huile de périlla (l’huile la plus riche en acide alpha-linolénique), soit le remplacement des huiles composées prêtes à l’emploi par une association huile de colza-huile d’olive, dont le ratio se situe entre 2,5:1 et 3:1.

Liste des compléments conseillés

  • Lécithine de soja bio BIOLECIBRAN (Nutriops), dans certains magasins bio > 2 à 3 cuillerées par jour, voire plus (4 à 5 cuillerées), si pas de prise simultanée de lécithine de poisson.
  • Lécithine de poisson OEMINE MER (Phytobiolab), en pharmacie (code ACL 7911650) > 2 gélules matin et soir. À alterner avec VECTOMEGA (Laboratoire Le Stum), à commander directement au 02 97 88 15 88 > 2 comprimés par jour.
    Autre choix possible : DHA 2 (Laboratoire D. Plantes), à base de poudre de jaune d’œuf riche en DHA phospholipide. À commander directement au 04 75 53 80 09 > 1 sachet par jour.
  • Spiruline à haute teneur en principes actifs SPIRU-LINE First (Hippocampe France), à commander directement au 01 42 42 44 70 > 8 comprimés par jour. Possibilité d’alterner avec la spiruline de Flamant Vert, vendue en magasins bio > 12 comprimés par jour.
  • Levure de bière revivifiable LYOPHYLEVURE (Laboratoire Carrare), en magasins bio > 1 sachet par jour /Levure de bière FORTILEVURE PUISSANCE 8 (même labo), en magasins bio > 2 gélules par jour.
  • Huile de PERILLA (Salvia Nutrition), à commander directement au 02 51 24 03 72 (si apport insuffisant en oméga 3 précurseur) > de 2 à 4 capsules par jour, selon besoins.
  • Huile de BOURRACHE bio (Diet Horizon), en magasins bio > 2 à 3 capsules par jour, selon niveau de consommation de spiruline. En VPC : huile de bourrache (Sofibio), à commander au 0 800 945 845 > même posologie que la précédente.

L’essentiel à retenir

  1. Apport quotidien indispensable de « bonnes » graisses via l’alimentation et la complémentation. Effet bénéfique à long terme. Mettre en œuvre un régime alimentaire pauvre en graisses saturées (4), autrement dit un régime à dominante végétarienne. Préférer le poisson à la viande.
  2. Compléments alimentaires incontournables : lécithine et spiruline (cure au long cours). Ne pas oublier la levure de bière et l’huile de bourrache (cures à intervalles réguliers).

(4) On trouve les acides gras saturés dans les corps gras animaux : viande, charcuterie, beurre, crème fraîche, fromage… Les acides gras saturés présentent notamment l’inconvénient de générer des substances pro-inflammatoires.

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